Les professionnels

Après les coaches, les vigiles et les consultants, voici les professionnels, nouvelle catégorie de supplétifs de la fonction publique territoriale. Comment sont-ils apparus ? Eh bien, c’est au détour d’un arrêté ministériel au sujet des concours d’entrée en écoles supérieures d’art et de design qu’on les a dénichés.

Cela faisait plusieurs années qu’ici et là des jurys s’émancipaient de la règle et que l’on y trouvait des gens qui n’avaient en principe rien à y faire.

Le sujet avait donné lieu à plusieurs escarmouches entre le Snead et la direction de l’EESAB, en Bretagne. Ce concours d’entrée qui réunit traditionnellement entre 700 et 800 candidats sous les mêmes halles, au centre de la ville de Rennes, avec quatre groupes de jurys correspondant aux sites de l’EESAB (Brest, Lorient, Quimper et Rennes) est une énorme machine où la main d’œuvre ne suffit pas si l’on veut faire les choses avec un minimum de sérieux, à Rennes principalement. On biaise donc avec la réglementation…

L’Andéa et le Ministère de la Culture et de la Communication ont travaillé main dans la main sur le sujet, à l’exclusion de tout syndicat empêcheur de réglementer en rond et ont inventé le « professionnel », bouche-trou incontestable puisqu’il est « professionnel ».

Mais qu’est-ce donc qu’un « professionnel » ? Un gardien de musée est-il un professionnel de l’art ? Bien évidemment, tout comme l’est un critique d’art, un restaurateur, un encadreur, un marchand de toiles et de tubes de peinture, un galeriste, etc. Qui choisira le « professionnel » ? Parmi quels amis, relations, copains, connaissances, femme de ou mari de ? Qui le paiera ? Quelle sera la valeur de son jugement, dénué de toute responsabilité puisque le « professionnel » n’enseignera pas ? Un enseignant qui sélectionne un candidat imagine la place que celui-ci pourra occuper dans l’école, un professionnel en sera incapable.

Le concours d’entrée est le premier acte pédagogique délivré au sein d’une école supérieure d’art. En tant qu’acte pédagogique il est du ressort exclusif des enseignants. Les « professionnels » n’ont aucune légitimité à effectuer cet acte complexe, délicat, qui touche à la vie et aux aspirations d’une personne, à son droit à se former et à s’épanouir.

Penser qu’un « professionnel » puisse intervenir dans un jury au même titre qu’un enseignant est une humiliation de plus infligée par un ministère qui avait déjà écorné le statut des PEA en les contraignant à intervenir en cursus non diplômants et qui n’a toujours pas retrouvé la clef du tiroir où est conservée la revalorisation des statuts des PEA.

Résistons à la marginalisation des enseignants au sein des écoles.

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Le nouveau texte est le suivant :

2° L’article 4 est remplacé par les dispositions suivantes :
« Art. 4.-Le directeur établit la liste des membres du jury pour l’admission au semestre 1, composée d’enseignants du cursus de l’établissement ainsi que de professionnels. Elle peut comprendre des étudiants de l’établissement avec voix consultative.
« La composition du jury respecte l’objectif de parité entre les femmes et les hommes.
« La liste des membres du jury est rendue publique avant le début des épreuves.
« L’admission au semestre 1 fait l’objet d’une procédure de sélection comprenant trois épreuves obligatoires qui peuvent s’articuler, se combiner ou fusionner :
«-une épreuve de pratique artistique ;
«-une épreuve écrite ;
«-un entretien avec des membres du jury, sur la base de la présentation d’un ensemble de travaux réalisés par le candidat. L’entretien se déroule avec au moins deux enseignants du cursus, nommés par le directeur dans le respect de l’objectif de parité entre les femmes et les hommes.
(…)

Rappel du texte original :
L’admission au semestre 1 fait l’objet d’une procédure de sélection comprenant quatre épreuves obligatoires :
― une épreuve de pratique artistique ;
― une épreuve écrite destinée à évaluer la culture générale et la maîtrise de la langue française du candidat ;
― une épreuve de langue ;
― un entretien avec un jury composé de trois professeurs nommés par le directeur.
L’entretien a pour objet de mesurer le parcours et la motivation du candidat.
Les décisions du jury sont prises à la majorité absolue de ses membres.
La décision du jury d’admission ou de non-admission est notifiée au candidat par le directeur de l’établissement.
Chaque établissement peut prévoir des épreuves d’admissibilité supplémentaires dans les conditions prévues par le règlement des études.

Rentrée et pass sanitaire, nervosité

Amiens, Talm, Chalon… déjà tombent les premières alertes au pass sanitaire pour les personnels des écoles supérieures d’art à échéance du 30 août. Amiens précise que le gouvernement exigerait une première injection dès le 1er août, Chalon évoque le 21 juillet, Talm annonce des informations plus précises à venir mi-août. Il est inévitable que d’autres directions sonnent elles-aussi le tocsin dans les jours à venir. Un décret est arrivé le 19 juillet pour certaines activités accueillant 50 personnes ou plus mais la Loi qui fixera les règles pour tous et toutes n’est pas encore votée, qu’importe, on ne reprendra pas les écoles d’art et de design à traîner la patte comme en février 2020…

Nous livrons ici la position de la Confédération Générale du Travail qui fait la part des choses dans le monde du travail et, à l’encontre d’un cafouillis général qui ne fait qu’exaspérer les nervosités, montre qu’une réflexion plus sereine fondée sur la conviction plutôt que l’autoritarisme serait infiniment plus productive. Les deux derniers paragraphes sont particulièrement clairs à ce sujet.

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Le projet de loi « relatif à la gestion de la crise sanitaire » prévoit l’extension du pass sanitaire et l’obligation vaccinale pour les soignants. Il contient des mesures graves en termes de discriminations, de droit du travail et de protection des données personnelles.

Depuis mercredi 21 juillet, le pass sanitaire doit être présenté pour pouvoir entrer dans tous les lieux de loisir susceptibles de rassembler plus de 50 personnes.

Le pass sanitaire constitue la preuve que l’on n’a pas le COVID. Il peut être obtenu suite à un résultat d’un examen de dépistage virologique négatif, suite à la présentation d’un justificatif de statut vaccinal ou d’un certificat de rétablissement après une contamination par le COVID 19.

Le projet de loi actuellement en cours d’examen par le Parlement prévoit que le pass sanitaire devienne aussi obligatoire dans les cafés, restaurants, centres commerciaux, maisons de retraite et trains, avions, cars interrégionaux à partir du 1er août.

Le projet de loi prévoit que les salariés travaillant dans des lieux où un pass sanitaire est obligatoire devront eux-mêmes présenter leur pass à leur employeur, sous peine de voir leur contrat de travail suspendu.

Les soignants au sens large (la liste des métiers concernés comprend par exemple les sapeurs-pompiers et les aides à domicile) seront obligés de se faire vacciner.

À partir du 15 septembre, un soignant qui ne serait pas vacciné verrait son contrat de travail interrompu.

Un professionnel qui ne pourrait pas exercer pour ces raisons pendant une période de deux mois serait automatiquement licencié ou obligé de cesser définitivement ses fonctions. Ces obligations concernent tous les professionnels, qu’ils soient ou non en contact avec du public.

Dans l’état actuel des choses, la loi ne prévoit ni formation pour les salariés qui devront s’acquitter de la vérification des passes sanitaires, ni possibilité de refus de leur part, ni mesure de protection alors que les réactions violentes sont aujourd’hui quotidiennes.

Dans les branches concernées, le pass serait étendu sans concertation avec les représentants du personnel, ni avec la médecine du travail.

De nombreuses questions restent en suspens.

  • Comment serait encadré l’accès à certaines données personnelles et de santé ?
  • Que se passerait-il dans le cas où un employeur interdirait à un salarié d’exercer son activité ?
  • Serait-il rémunéré ?
  • Au bout de deux mois d’absence, le licenciement serait automatique, mais pour quel motif ?
  • Quelles seraient les indemnités ?
  • Qui les verserait ?

Les travailleurs en CDD qui ne répondraient pas à l’obligation de passe sanitaire pourraient voir leur contrat faire l’objet d’une rupture anticipée ou d’une suspension de deux mois. Mais pendant cette période, ils ne pourraient ni s’inscrire à Pôle Emploi (et toucher des indemnités chômage) ni signer un autre contrat de travail.

Si la CGT réaffirme sa position sur la nécessité de la vaccination pour combattre efficacement la pandémie, elle s’oppose à son obligation, préférant la voie de la conviction.

Elle dénonce la méthode précipitée, et les conséquences graves qu’un tel texte pourrait avoir sur le pacte républicain, alimentant un clivage entre citoyens détenteurs d’un pass et les autres. La CGT appelle les parlementaires à ne pas voter de mesures régressives pour le monde du travail.

Campus Caraïbéen des Arts, état des lieux

(Le texte ci-dessous a été récemment envoyé à la présidence du C.A. du Campus Caraïbéens des Arts. La mise en page n’a pu être respectée compte-tenu des critères de lisibilité et des contraintes de formatage propres à WordPress. Les collègues voudront bien nous en excuser. La version originale est téléchargeable en bas de page)

Bilan de l’année scolaire 2020/2021 au Campus Caraïbéen des Arts

Le présent bilan, dressé par les membres du Snead-CCA, vise la totale transparence sur l’actuelle situation de l’école ainsi qu’une lecture claire et factuelle de l’ensemble des espaces, institutionnels et physiques. Les points abordés concernent l’organisation, les conditions de travail et la santé du personnel, tout en veillant à la visibilité des problématiques liées aux questions statutaires et contractuelles des membres de l’équipe pédagogique.

Sur la participation des personnels au fonctionnement de l’école, nous relevons :

la confiscation de la représentativité enseignante au sein du conseil d’administration (absence de réunions d’information précédant la tenue du CA, absence de compte-rendu, impossibilité pour le corps enseignant de se positionner sur des questions diverses) ;

le non-remplacement du représentant enseignant suppléant au sein du CA ;

• la demande de participation à la commission virtuelle « HCERES » faite à certains enseignants, sans connaissance préalable du dossier ;

• des élections relatives à la mise en place de la CRPVE (Commission de la recherche, de la pédagogie et de la vie étudiante) organisées en pleine pandémie sans protocole explicite adapté aux préconisations du préfet. La CRPVE reste donc, à ce jour, non actée alors qu’elle devrait déterminer et valider les orientations de notre école en toute transparence ;

la désignation « imposée » du référent harcèlement, au demeurant inadéquat pour le corps enseignant puisqu’il s’agit d’un supérieur hiérarchique.

Cette situation conduit à une perte de légitimité du corps enseignant.

Le système managérial en place empêche d’organiser le travail en commun afin de consolider la participation active des enseignants à la construction d’un espace commun garant d’une démocratie participative. Par ailleurs, nous dénonçons une organisation administrative surdimensionnée qui alourdit les processus de fonctionnement de la pédagogie qui devrait rester centrale dans notre école et au profit de laquelle l’administration doit fonctionner.

Sur le fonctionnement pédagogique général, nous dénonçons :

une ligne pédagogique floue qui s’est considérablement éloignée du projet initial « Territoires sensibles » mis en place il y a trois ans et sur l’application duquel nous devions être évalués cette année (pas de projets porteurs, amenuisement de la recherche, disparition des formats pédagogiques spécifiques au projet) ;

les annulations successives des réunions entre le directeur et les enseignants prévues au calendrier, l’absence de réunions entre les coordinateurs d’options et les enseignants conduisant à des prises de décisions unilatérales inadéquates, un manque de lisibilité, de cohérence et de validation des enseignements et des programmes sans parler des incohérences entre les cours enseignés, la grille de crédits, les emplois du temps, les fiches de crédit numériques et le livret de l’étudiant ;

le traitement pédagogique inégal entre les différentes options, la focalisation sur certaines pratiques au détriment d’une vision pluridisciplinaire de la formation entraînant une baisse de la fréquentation des ateliers qui enrichissent les projets des étudiants ;

• les dysfonctionnements de l’équipement informatique (matériel et licences, wifi) et l’absence d’espaces dédiés (galerie d’école, plateforme d’édition, studio de prise de vue, espaces étudiants…), obligeant les enseignants à improviser et à se satisfaire du petit, du mal fichu, du hors d’usage et de l’insalubre et renforçant les inégalités entre les étudiants ;

le logiciel de notation obsolète et non accessible à distance par les enseignants ;

la gestion de direction qui exclut les enseignants investis dans leurs enseignements et engagés dans un réel travail de transmission. Porteurs de projets, garants des valeurs et de la mission de l’école, ils sont écartés de toutes les discussions – aucune sollicitation, aucune concertation – et par ailleurs désignés comme responsables de tout dysfonctionnement de l’école et désavoués auprès des étudiants et des politiques.

Sur les contrats et évolution de carrière, nous critiquons :

la progression de la carrière des contractuels, opaque, disparate et souvent délibérément freinée : il faut aux contractuels le double de temps pour grimper d’un échelon ;

la question des salaires et des évolutions de carrières, mal prise en charge et mise en exergue par la convocation annuelle des entretiens professionnels ; l’absence de véritable plan de formation du corps enseignant alors que la formation est obligatoire dans la carrière de l’agent ;

des offres de formations ni attribuées ni financées correctement, ne correspondant pas au profil des enseignants.

L’équipe pédagogique s’est investie sans retenue pour la rédaction et l’écriture du projet d’école « Territoires sensibles » soumis à l’HCERES pour obtenir l’agrément ministériel du CCA ; elle a apporté son soutien total à la candidature de la direction actuelle. Il se trouve qu’aujourd’hui seuls priment une organisation pyramidale et un lien de subordination. Il existe une réelle stratégie d’écartement et de déni grement du même personnel pédagogique sollicité alors pour organiser et rédiger le projet pédagogique du CCA.

Tout ceci se traduit par des situations de souffrance au travail.

Nous avons à déplorer des arrêts maladie longue durée (validés par la médecine du travail) et une demande de rupture conventionnelle de contrat au sein du corps enseignant.

La dégradation des conditions de travail des enseignants est flagrante,

la répétition des situations conflictuelles dans les moments pédagogiques de l’école a une incidence sur la santé et la dignité des enseignants dans l’exercice de leur fonction; ces conflits ne sont par ailleurs pas pris en considération dans un espace de résolution par le management de l’école.

Alors même que, face à la pandémie, la plupart des écoles d’art ont fermé leurs portes au niveau national, le CCA est resté ouvert.

Enorgueillie de cette initiative exceptionnelle, la direction n’a pas pris en considération les difficultés réelles des étudiants dans leur quotidien, comme si la pandémie n’avait été constitutive d’aucune répercussion pour eux. Partout ailleurs, l’adaptation, la bienveillance ont été requises au plus haut niveau de gouvernance. Si l’école a fonctionné dans un climat sanitaire et social dégradé, ce contexte aura laissé des traces dans le corps enseignant et étudiant.

C’est pourquoi, afin de sortir d’une situation qui ne cesse de se tendre et de porter atteinte à la santé des personnels enseignants et au bon fonctionnement de l’école, nous demandons à être reçus afin de pouvoir engager au plus vite un dialogue avec les nouveaux élus au Conseil d’administration. Nous nous positionnons pour une école d’excellence mais la mission politique et citoyenne de l’école devra être menée de manière pérenne en tenant compte du manque d’outils matériels et du contexte socio-économique de la majorité de nos étudiants qui méritent d’accéder à l’égalité des chances dans le cadre d’un enseignement professionnalisant réel.

Dans l’attente, veuillez agréer, Madame la présidente du conseil d’administration, l’expression de nos salutations distinguées.

Version papier page 1 et page 2

Charte d’usage des outils numériques et droit à la déconnexion

Tout en connaissant les limites d’une charte sans valeur contraignante, nous avons tenu à respecter l’un de nos engagements passés en proposant ce texte aux collègues des différentes écoles.

La crise sanitaire a exacerbé les problèmes liés à l’usage des messageries, pour ne citer qu’elles, accroissant de manière considérable le temps de travail, sans beaucoup de respect pour le droit à la déconnexion et la vie privée. L’accalmie actuelle semble bien choisie pour établir sereinement les principes à respecter pour le bien être de tous.

Certaines écoles ont déjà des règlements touchant aux usages du numérique, d’autres pas. Dans le premier cas, il sera toujours utile de confronter ce texte avec celui existant déjà, dans le second, de le communiquer à la direction afin qu’elle l’inscrive à l’ordre du jour d’un prochain Comité Technique.

(des versions odt et word sont accessible en fin de texte, elles permettent d’adapter la Charte à votre école en précisant le nom de l’établissement)

CHARTE D’USAGE DES OUTILS NUMERIQUES et DROIT A LA DECONNEXION

Les technologies de l’information et de la communication font partie intégrante de notre environnement de travail. Elles deviennent indispensables au bon fonctionnement de [notre école] mais si elles facilitent les échanges et l’accès à l’information, elles peuvent également être porteuses de risques qu’un usage non maîtrisé peut accentuer.

Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) facilitent le travail des personnels, toutefois, cette facilité doit pouvoir être régulée. En effet, le fait de disposer d’outils numériques encourage des pratiques de connexion hors du temps de travail qui bousculent les frontières du temps personnel et du temps professionnel.

Sont concernés dans cette charte les échanges professionnels définis de la façon suivante : tout échange sur les boîtes mails professionnelles qui ne mentionnent pas un caractère privé, les échanges d’ordre professionnels sur les outils collaboratifs qu’ils soient ou non gérés par l’école. Cette charte entend définir les modalités de bon usage des outils numériques et mettre en place le droit à la déconnexion et s’inscrit dans une démarche d’amélioration des conditions de travail.

Dans le cadre de cette charte, [l’école] s’engage à :

-Prendre les mesures visant à garantir l’effectivité pour chaque agent de son droit à la déconnexion

-Communiquer sur les aspects liés à l’équilibre entre les temps de vie

-Proposer une formation à destination des responsables hiérarchiques sur ces questions Les encadrants se doivent d’être exemplaires et il est attendu qu’ils :

-Incarnent par leurs comportements des valeurs de respect, d’esprit d’équipe, des qualités d’écoute et de professionnalisme

-Valorisent et facilitent l’équilibre des temps

-Prennent en compte les particularités de chacun en veillant à la cohésion du groupe.

Les représentants du personnel seront habilités à s’appuyer sur cette charte lors des signalements de souffrance au travail.

[L’école] s’attachera à :

1-mettre en place les actions de formation et de sensibilisation qui seront organisées à destination :

– Des agents en vue de les informer sur les dispositions de la présente charte, la promotion des règles respectueuses du travail de tous et toutes et d’un usage raisonné et équilibré des outils numériques et de communication professionnelle ;

– Des encadrants afin de les former à l’utilisation raisonnée et équilibrée des outils numériques.

2-Garantir un bon usage des outils de communication

Le courrier électronique

En France, la crise sanitaire a révélé et exacerbé chez les salarié·es de nombreux problèmes ayant tous une influence néfaste sur leur vie quotidienne : augmentation drastique du nombre de mails et donc du temps passé à les gérer, vérification incessante du flux de mails, surcharge informationnelle, inquiétude à ne pas pouvoir suivre le fil et angoisse de mal faire son travail.

Règles fondamentales

-A quelle occasion ?

Évaluer la pertinence de la messagerie électronique dans une situation donnée. Le courrier électronique n’est pas le seul outil de communication. Dans certains cas, il ne doit pas être privilégié car son traitement, aussi bien par l’émetteur que par le récepteur, sera chronophage. Aussi, ne pas hésiter à utiliser le téléphone ou mieux encore, aller voir son interlocuteur directement s’il n’est pas loin. La relation humaine devrait rester prioritaire : Il est donc recommandé, à chaque fois que c’est possible, de privilégier le contact direct.

-Quand ?

L’envoi des mails ne doit pas se faire en dehors des heures de travail, le soir après 20h, ou durant le week-end, il est possible de paramétrer le logiciel de messagerie pour différer les envois sur des plages horaires définies. En dehors des horaires de travail en semaine, le week-end ou pendant une période congé du destinataire (réception d’un message d’absence), les courriels ne sont pas présumés être lus. Aucune réponse ou traitement immédiat ne peut être exigé.

-Comment rédiger ?

Le message électronique doit répondre à un objectif clairement identifié. Il doit comporter un objet clair, précisant la commande (avis, information…) et autant que possible l’échéance d’une réponse.

Les messages électroniques doivent être signés.

Un message électronique reste, dans le cadre professionnel, une communication qui doit être conforme aux règles de fond et de forme en vigueur. Un message envoyé depuis une adresse institutionnelle engage l’expéditeur et l’établissement.

Les plages horaires de travail sont celles indiquées dans le règlement relatif au temps de travail

Adaptez le ton du message à la nature de la relation que vous avez avec la personne à laquelle vous l’envoyez. Gardez à l’esprit qu’il s’agit d’un échange professionnel et qu’une formule de salutation ou de politesse est toujours requise, quels que soient la proximité et le lien hiérarchique avec la personne destinataire. Gardez un ton courtois et professionnel. L’objectif d’une correspondance au travail doit être de faire avancer la résolution d’un problème plutôt que d’alimenter une situation conflictuelle.

Notez que l’usage veut que l’on n’utilise pas l’écriture en majuscule ou en couleur rouge dans un message électronique. En effet, cela peut être perçu comme de l’agressivité malvenue (comme si votre interlocutrice ou interlocuteur criait) selon les normes en vigueur dans les communications numériques(et est valable sur forums, messagerie instantanée, etc.).

C’est une évidence, mais il est néanmoins nécessaire d’affirmer à nouveau dans le cadre de cette charte que toute communication contenant des propos racistes, sexistes ou discriminatoires, des propos injurieux ou diffamatoires, est strictement prohibée dans le cadre d’un établissement public tel que [l’école], tant du point de vue du règlement intérieur de l’établissement que du cadre plus général de la fonction publique et de la loi qui s’applique à toutes et tous.

Choisir avec soin les destinataires

S’assurer de la pertinence du choix des destinataires en fonction de la nature du message envoyé. Éviter les diffusions larges ou la multiplication des destinataires en copie si l’ensemble des destinataires n’est pas directement concerné par le message. Prendre le temps de bien vérifier les adresses des destinataires afin d’éviter des situations gênantes, comme l’envoi d’un message à un homonyme du correspondant.

Le choix entre le champ « À » et le champ « Copie Carbone (Cc) » permet de distinguer le rôle des personnes qui figurent comme destinataires. Le champ « Cc » sert à donner l’information aux personnes qui y figurent sans qu’une action soit requise de leur part, contrairement aux destinataires présents dans le champ « À ».

Enfin, dans le cadre professionnel l’utilisation du champ « Copie Carbone Invisible (Cci) » est à proscrire. Aucune communication professionnelle ne nécessite l’utilisation de ce mode d’envoi. Il est rappelé qu’un destinataire caché faisant un « répondre à tous », dévoile à tous les destinataires visibles qu’il était en copie.

-Utiliser les listes de diffusion à bon escient

Il est de plus en plus courant d’utiliser les listes de diffusion, qui représentent un groupe de personnes à travers une unique adresse de messagerie. Préférer l’utilisation de ces listes de diffusion lorsqu’un envoi à de nombreux destinataires est nécessaire.

Il est indispensable de bien cibler un message envoyé à une liste afin de ne toucher que les personnes qui doivent recevoir l’information afin de ne pas générer de sentiment de lassitude chez les destinataires qui risqueraient de négliger la lecture de ces messages.

Les messages envoyés par ces listes de diffusion doivent être signés nominativement.

-Penser aux conséquences du message

Les messages allusifs ou polémiques sont à proscrire. En cas de situation tendue, ne pas répondre à chaud et se laisser le temps de la réflexion pour adapter sa réponse. Les interpellations ou mises en accusation nominatives via les listes de diffusion et les mails groupés doivent être également proscrites dans le cadre professionnel.

-Limiter la longueur du message

Un bon message est un message concis. Idéalement, la structure du texte devrait être visible (grâce à des listes à puces ou des espaces entre les paragraphes) afin de faciliter la lecture pour le destinataire. Tout message nécessitant un développement plus important devrait faire l’objet d’un envoi avec une pièce jointe.

-Pièces jointes

Ajouter une ou plusieurs pièces jointes à un mail peut s’avérer nécessaire mais peut complexifier le travail du ou des destinataires du fait de la taille des fichiers joints, de leur type (quel logiciel est requis pour les lire?) ou tout simplement à cause de la longueur des documents attachés. Dans ce cas, proposer une petite synthèse directement dans le message peut être utile. Dans certains cas, il sera plus judicieux de fournir un lien vers un document à télécharger plutôt que d’utiliser les pièces jointes

-Savoir utiliser les accusés de réception

L’avis de réception à l’envoi d’un message n’est pas une méthode efficace pour être sûr que le message a été lu par le destinataire. En effet, selon la configuration de son logiciel de messagerie, la demande peut être envoyée automatiquement à l’ouverture (ce qui ne garantit aucunement que le message a été lu), envoyée après acceptation du destinataire ou tout simplement ignorée. En revanche, il est toujours possible d’ajouter dans le corps du mail une formule du type « merci de bien vouloir accuser réception de ce message ».

-Laisser un temps de réponse raisonnable

Le courrier électronique n’appelle pas de réponse immédiate contrairement au téléphone. Il est donc nécessaire de laisser à son interlocuteur le temps de traiter le message, d’autant plus qu’il a certainement d’autres activités à mener. Il est d’usage de considérer qu’une réponse à un message électronique doit être apportée sous 48 heures.

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Cette charte pourra être revue en fonction de l’évolution des pratiques et des technologies à la demande de la direction comme des représentants du personnel.

À………………………………………………………………………

Le……………………………….

Les représentants du personnel :

La direction :

Coaches, vigiles et consultants


Dans un article récent intitulé : Des milliards dépensés pour se substituer à l’Etat : enquête sur la République des consultants, le Nouvel Observateur se penchait récemment sur le recours de l’Etat à des cabinets de consultants privés plutôt qu’à ses propres services et sur les millions d’euros ainsi dépensés sans résultats probants. Le fameux cabinet américain McKinsey qui a piloté la logistique du plan de vaccination contre la Covid-19 étant l’exemple même de bénéficiaire de ces externalisations.

Il en est de même pour tous les différents étages de l’Etat, jusque dans les collectivités territoriales et donc les écoles supérieures d’art. Nous l’avons récemment vu avec l’EMA de Chalon-sur-Saône où l’on fait intervenir un cabinet de « coaches » pour apaiser un conflit interne, ou à l’ESAL Metz dont la directrice se fait conseiller par une « coach ». Dans la même logique, suite de l’occupation (constatée par huissier !) d’une partie de l’école par les étudiants, cette même directrice fait désormais garder l’établissement par la société de vigiles Altea Sécurité pour prévenir toute récidive. Voici maintenant qu’elle sollicite l’accompagnement d’un « facilitateur » de l’Institut des Futurs Souhaitables pour les réunions du séminaire de fin d’année !

Mais la pratique s’étend largement puisque l’EESAB de Bretagne a requis fin avril les services d’une société de consultants pour enquêter sur un collègue de Brest et ses relations professionnelles. Ce qui relèverait normalement d’une enquête administrative menée, par exemple, par le directeur de site, a été en effet confié à la société BLV Consulting Group.

Tous les personnels du site ont été conviés à prendre contact avec cette entreprise dans le but « d’objectiver et identifier des faits intervenus qui ont pu être à l’origine d’un mal-être de collaborateurs au sein de l’école et étudier les relations de M.X avec ses collègues, les étudiants, la hiérarchie. [Cette enquête] permettra d’analyser l’impact de ces relations sur l’environnement de travail« .

Suivaient les motifs de cette enquête, véritable acte d’accusation largement diffusé aux personnels et dont les étudiants ont eu connaissance, hypothéquant gravement les rapports pédagogiques avec ces derniers à la rentrée de septembre.

BLV a loué des bureaux à Brest et y a posté quatre collaborateurs.

On imagine facilement l’éventail des comportements qu’un tel appel peut susciter.

Dans le souci d’apporter notre contribution à cette enquête, nous suggérons que l’origine des difficultés rencontrées par ce collègue avec sa hiérarchie a certainement un rapport avec la longue bataille qu’il dut mener il y a quelques années pour faire reconnaître un accident de service qui le laissa partiellement handicapé.

Nous invitons nos lecteurs à signaler toute dérive semblable dans leur établissement de façon à les faire largement connaître. En ces périodes de restrictions budgétaires où les voyages pédagogiques, les workshops ou les conférences peuvent facilement sauter sous des prétextes financiers, ces informations ne manquent pas d’intérêt.

Chalon-sur-Saône à l’ère des coaches

Photo: said&done (Flickr C.C.Attribution Lic.)

Jusqu’à présent, le Snéad avait pris soin de ne pas évoquer publiquement  la situation à l’école d’art de Chalon-sur-Saône. L’Ecole Média Art Fructidor était administrée provisoirement depuis le mois de septembre dernier par  un directeur intérimaire, également Directeur Général Adjoint des services de  l’agglomération, accessoirement coach professionnel dans le cadre de son  entreprise Asprion et Facilitateur Certifié Lego® Serious Play® (sic).

L’École de Chalon bénéficie depuis longtemps d’un régime d’exception puisqu’elle ne s’est pas constituée en EPCC mais en Régie Autonome Personnalisée et que le Ministère de la Culture a tout de même accepté de reconnaître son diplôme d’école de 5ᵉ année. 


Un conflit larvé entre enseignants  a abouti cette année à la non-admissibilité au diplôme de 5ᵉ année de 5 étudiant.e.s sur 12 parce que, deux mois avant le diplôme, le travail fourni pour leur mémoire a été jugée insuffisante par le « séminaire d’écriture » l’instance chargée des mémoires. Cette situation a été actée par la direction intérimaire qui, plutôt que de chercher la concertation en permettant un dialogue au sein de l’équipe pédagogique, a pris dans un premier temps le  parti des enseignants de théorie et a démis les coordinateurs de 5ᵉ année et de 3ᵉ année de leurs rôles de  membre du jury (représentant de l’école et tuteur accompagnant les étudiant.e.s) en interprétant de manière totalement littérale les textes qui régissent ces épreuves.

Une collègue qui  ne connaissait pas les étudiants a été nommée au jury, au nom de l’impartialité (sic), créant ainsi une situation pour le moins inédite ! Des enseignants, choqués du traitement qui était fait aux  élèves, ont fait connaître leur désaccord et demandé une concertation.
En guise de réponse, des coaches ont été embauchées pour calmer les esprits. 

Tout semblait revenu dans l’ordre lorsque par courrier daté du  31 mai, la veille du remplacement du directeur intérimaire par un nouveau directeur, l’un des  enseignants rétifs a été convoqué à un entretien préalable à son licenciement pour « insuffisance  professionnelle ».


Ce collègue est depuis 13 ans sous contrat à durée déterminée d’un an renouvelé chaque année, en totale infraction avec l’article 3-3 de la Loi  n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à  la fonction publique territoriale. Le prétexte est invariablement énoncé ainsi : 

« Vu la déclaration de vacance d’emploi n°XXX auprès du centre de Gestion de la Fonction Publique territoriale de XXX en date du [jour, mois année]

Considérant que la procédure pour pourvoir l’emploi par un fonctionnaire n’a pu aboutir,

Vu la candidature de M.X et le certificat médical attestant de son aptitude à l’exercice des fonctions postulées,

Considérant que l’intéressé est titulaire d’un DNSEP et que son expérience professionnelle correspond au profil de poste ,

Il a été convenu d’un commun accord ce qui suit : [termes du contrat d’un an] »

… et chaque année depuis 13 ans la même chose, l’annonce d’emploi paraissant de façon ultra-confidentielle et, en conséquence, aucun fonctionnaire ou lauréat du concours ne se présentant. Lauréat du concours de PEA, le collègue avait obtenu son inscription sur la liste d’aptitude.  Bien que l’obtention du concours ait été un prérequis à la reconduction de ses CDD, aucune titularisation n’est intervenue et ni même envisagée malgré ses demandes.


Suite à la convocation pour un entretien préalable à son licenciement, le collègue a donc demandé à consulter son dossier administratif et a découvert 1) que manquaient les évaluations du temps du précédent directeur, 2) qu’un nouveau document détaillait les motifs de son licenciement pour insuffisance professionnelle. 

Le directeur intérimaire y prouvait sa profonde méconnaissance de l’enseignement artistique comme des procédures de la Fonction Publique puisque les faits reprochés n’étaient en rien étayés. Par exemple, le fait d’avoir discuté avec des étudiants du changement des règles d’obtentions du diplôme était considéré comme manquement au devoir de réserve ! Quant au respect de ses heures de travail, l’accusation reposait sur les « retours » d’étudiants collectés par le personnel administratif.

L’avocat ne s’est pas gêné pour réduire en miettes toutes les accusations dont la seule « preuve » matérielle était une interprétation à charge d’un courrier d’étudiant.e.s. Le DRH a alors proposé une négociation. 

Négocier quoi ? L’impossibilité pendant 13 ans de d’emprunter à une banque ? L’angoisse de ne pas voir son contrat reconduit chaque fin d’année ? 

Epilogue : 

Le directeur intérimaire a quitté l’Agglomération dans les jours qui ont suivi pour se consacrer à ses activités privées de coach. Le directeur du Conservatoire a été nommé directeur de l’Ecole Média Art et cumule désormais les deux fonctions. Réalisant sans doute les risques qu’il avait pris avec la menace de licenciement, le représentant de l’employeur a annoncé au collègue son intention de ne pas renouveler son contrat au mois d’août. Après 13 ans de service, sans le moindre reproche jusqu’alors, l’enseignant se voit poussé au chômage sur la base de fausses accusations. Qu’importe, le prix à payer sera moins élevé qu’un licenciement dont il aurait fallu plaider le bien fondé devant un tribunal. 

Il n’est pourtant pas certain que les choses en restent là. 

Le Snead va évidemment soutenir toutes les démarches judiciaires de ce collègue. Cette histoire dépasse le seul cas de Chalon, aussi caricatural soit-il. Il y a évidemment le rôle bien trop discret de la Préfecture et des institutions garantes du respect des lois et des personnes, si promptes d’ordinaire à faire la morale. Il y a la regrettable instrumentalisation des étudiants contre les enseignants et des enseignants les uns contre les autres. Mais il serait temps, également, que la fameuse « communauté » des écoles d’art françaises cesse de détourner l’attention des réels problèmes que traversent les écoles depuis une quinzaine d’années et qui peut se résumer en ces termes : autoritarisme, brutalité et mépris des textes réglementaires. 

1 – Deux d’entre eux ont abandonné tandis que 3 ont accepté les contraintes du « séminaire d’écriture ». Par la suite, 1 des 3 ayant accepté de réécrire leurs mémoires n’a pas été admis à se présenter au diplôme. Il faisait partie des élèves ayant signé le 10 février dernier une lettre évoquant les problèmes rencontrés avec le « séminaire d’écriture ». Il n’a pas été admis à redoubler, non plus.

Concours d’entrée, replâtrage

Un document circule, à l’initiative de l’Andea, qui est présenté comme le brouillon d’un nouvel arrêté remplaçant celui du 16 juillet 2013 portant sur l’organisation de l’enseignement supérieur des Arts plastiques, en particulier en son Titre Ier : l’Admission dans les écoles supérieures d’art et de design.

L’Andea et le Ministère travaillent apparemment de concert — ce qui n’est pas une surprise — à une révision des concours d’entrée — ce qui n’est pas, non plus, une surprise.

Deux points ont attiré notre attention :

– Une pré-sélection sur dossier artistique serait organisée. Les dossiers seraient examinés par une commission de recevabilité comprenant au moins trois membres :

« Le directeur de l’établissement ou son représentant, président ; au moins deux enseignants nommés par le directeur en respectant si possible la parité femme/homme. »

La voix du directeur étant évidemment prépondérante, précision inutile avec un jury impair mais symboliquement importante.

Autrefois un jury était constitué de trois professeurs. Les assistants font désormais officiellement leur entrée dans les jurys de concours, mais, évolution plus conséquente, la direction, donc une instance administrative, occuperait une place prépondérante dans les délibérations. La direction pourrait également nommer une personne de son choix pour la représenter, c’est-à-dire n’importe qui, sans exigence de qualification. Cela pourra donc être le directeur ou la directrice des études, le ou la bibliothécaire, le ou la responsable des services techniques, etc.

– L’épreuve plastique sur place est conservée ainsi qu’une épreuve théorique, une épreuve de langue si besoin et un entretien avec un jury. De ce côté, rien de très neuf, donc. Le débat n’est visiblement pas clos sur le nombre d’enseignants composant ce jury, la proposition de deux enseignants seulement ayant toutefois été formulée. Elle avait été annoncée il y a quelques années par la direction de l’EESAB (Bretagne) comme une solution au trop grand nombre de candidats.

On peut néanmoins s’interroger sur la pertinence d’une telle réaction face au choix de l’ESBAN (Nantes) d’augmenter considérablement ses effectifs de première année pour en faire une réelle propédeutique ou à l’émergence des classes prépas en lycée (cf article précédent) qui, en termes d’ECTS (crédits), donnent accès directement à la 2ème année.

De quelle logique procède cette volonté de modifier un arrêté vieux d’à peine 8 huit ans ? S’agit-il seulement de problèmes d’effectifs ? Le confinement avec ses recrutements à distance aurait-il bouleversé le projet initial ? Celui-ci se serait-il fissuré sur la réalité des milliers de candidatures dont une large part proviennent de classes préparatoires qui répondent parfaitement aux critères ? Et Parcoursup, pour lequel l’Andéa demanderait un nouveau délai, comment s’y adapter ?

Le concours d’entrée est le premier acte pédagogique. Il relève des enseignants. Nulle part ailleurs dans l’enseignement supérieur, les directions ne mettent leur nez dans ce qui relève de leur seule responsabilité.

Quantité d’incidents se sont produits ces derniers temps au cours de diplômes ou de simples bilans semestriels au cours desquels les directions sont intervenues pour s’assurer de résultats favorables, bafouant l’autonomie pédagogique des jurys et des enseignants qui les composent. Il est essentiel que ces derniers s’élèvent contre des comportements qui ne sont dictés que par la concurrence entre les écoles et la tyrannie de l’image.

Cet arrêté ne relève-t-il pas, au fond, du replâtrage plutôt que d’une véritable réflexion sur l’admission en école supérieure d’art et de design ?

CPGE

Nous nous étions déjà émus de la création des DN-MADE (diplôme national des métiers d’art et du design ), fusion des MANAA (Mise à Niveau en arts Appliqués, en un an) des BTS Arts Appliqués (2ans) et des Dma (diplômes de métiers d’art en deux ans). Le DNMADE, en trois ans, est un diplôme de grade licence décerné par les lycées.

« Pour proposer le DN MADE, chaque établissement (privé ou public) a signé un conventionnement avec une université (ou un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel). Disposant d’une marge d’autonomie, l’établissement peut définir librement les spécialités à l’intérieur des mentions et décliner l’organisation et les contenus d’enseignement au plus près des spécificités et des besoins des territoires. » explique l’ONISEP. Passons sur ces territoires devenus l’alpha et l’oméga du discours politique et sur la nécessaire soumission de l’éducation de la jeunesse à leurs besoins. Une chose est certaine, le coup porté aux formations Design des écoles d’Art était patent.

En 2018, nouvelle invention, celle des CPGE (Classes préparatoires aux grandes écoles) en arts plastiques proposées par les lycées. Ces préparations en un ou deux ans, en lien avec une université et une école supérieure d’art (Bourges, Nîmes par exemple) offrent le statut d’étudiant à leurs élèves et leur octroie 60 crédits par an. Ce qui signifie que l’on peut se présenter au concours d’entrée en première année en école d’art avec déjà 60 ou 120 crédits ! Mathématiquement, cela met la licence à 240 ou 300 crédits au lieu des 180 réglementaires !

Bien évidemment, les postulants ne sont pas assez stupides pour ne pas avoir découvert l’opportunité de se présenter aux commissions d’équivalence en 2ème ou 3ème année dans les écoles supérieures d’art, contournant ainsi le fameux concours. D’autant que s’ils échouent, il leur reste la possibilité d’intégrer une licence d’Arts Plastiques à l’Université !

Les écoles qui offrent leur concours à ce genre de formation rendent un bien mauvais service aux écoles supérieures d’art.

Quoi qu’il en soit, le pataquès est complet et l’on peut finir par s’interroger sur les intentions d’un Ministère de l’Éducation qui ne cesse de créer de nouvelles formations et parmi celles-ci des formations post-bac en lycée, accordant des crédits universitaires. Quand Parcours Sup offre aux universités de recruter avant le baccalauréat, sur les bilans de 1ère et de début de Terminale, quand les premières années universitaires peuvent s’effectuer au lycée, on craint pour ce pauvre baccalauréat largement chamboulé par l’actuel ministre et dont le rôle d’accès à l’Université se réduit chaque jour. On se demande aussi si le projet ne viserait pas à décharger les universités d’une partie de leurs premières années.

Le diable seul le sait.

Déclassement

Le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, vient d’annoncer une deuxième augmentation des salaires des enseignants de l’Éducation Nationale.

Il a déclaré : « Idéalement, il souhaiterait que ces augmentations se poursuivent jusqu’à 2025, avec l’idée « qu’aucun enseignant ne doit gagner moins de 2000 euros en début de carrière » (source Le Figaro)

Un Assistant Territorial d’Enseignement Artistique débute sa carrière à 1600 euros bruts soit environ 1280 euros net.

Un Professeur d’Enseignement Artistique débute sa carrière à 1850 euros bruts soit environ 1580 euros net.

Leurs salaires sont donc inférieurs de plus de 400 à 700 euros aux 2000 annoncés par le ministre !
Les salaires des enseignants des écoles supérieures territoriales d’Art et de Design ne sont pas indexés sur les salaires de leurs collègues de l’Education Nationale et encore moins sur ceux de leurs collègues de l’enseignement supérieur. Ils ne bénéficient même pas de l’égalité de traitement avec leurs collègues des écoles nationales d’art et de design.

C’est pourquoi, nous demandons à Mme Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques ainsi qu’à sa collègue Mme Jacqueline Gourault, Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, déjà saisies par le premier Ministre Jean Castex sur les problèmes statutaires des enseignants territoriaux, de prendre d’urgence en considération ce nouveau problème afin que ne s’aggrave pas le déclassement des enseignants des écoles supérieures d’art et de design qui n’ont que le défaut d’appartenir à la fonction publique territoriale.

Obligation de sécurité

Un grand flou entoure les conditions de reprise ou non du travail dans les locaux des établissements d’enseignement artistique, en présence des étudiants. Les recommandations du gouvernement (recourir au maximum au télétravail) ne sont retranscrites dans aucun texte sur lequel s’appuyer. Les employeurs ont donc toute liberté pour imposer tout et son contraire. L’agent a tout de même un droit : celui de se retirer s’il considère que sa sécurité ou sa santé sont mis en danger.

L’Article L4121-1 du code du travail est clair :

L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Ces mesures comprennent :

1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l’article L. 4161-1 ;

2° Des actions d’information et de formation ;

3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.

L’employeur doit donc tenir compte des circonstances (par exemple une épidémie massive de Covid 19) et empêcher le risque par des mesures appropriées.

Droit de retrait

Face au risque d’infection par le coronavirus et alors même que les mesures de distanciation sociale sont indispensables pour éviter toute contamination, le salarié peut exercer son droit de retrait.

Ce droit de retrait (Décret n°82-453 du 28 mai 1982 relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la prévention médicale dans la fonction publique) autorise l’agent à arrêter son travail et quitter son lieu de travail, après en avoir informé son employeur, s’il estime être confronté à un danger grave et imminent ou constate un dysfonctionnement des systèmes de protection.

Il suffit donc que le salarié se considère potentiellement menacé par un risque d’accident ou de maladie pour exercer son droit de retrait. “L’autorité administrative ne peut demander à l’agent qui a fait usage de son droit de retrait de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent résultant notamment d’une défectuosité du système de protection.”

L’alerte préalable du salarié peut être faite oralement. Aucune clause du règlement intérieur ne peut imposer une alerte écrite. Il est toutefois recommandé de le faire par écrit.

Aucune sanction ni retenue sur salaire ne peut être infligé à l’agent qui exercerait ce droit dans les formes.

Faute inexcusable

Si l’employeur ne respecte pas ses obligations légales, il risque la condamnation pour faute inexcusable s’il est établi qu’il avait ou aurait dû avoir conscience du danger encouru par le salarié et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver.

C’est pourquoi …

Nous invitons donc les collègues à documenter tout ce qui pourrait leur apparaître non respectueux des consignes sanitaires (absence de port de masques, absence de gel hydroalcoolique ou non utilisation de ce gel, nettoyage imparfait ou non effectué des surfaces fréquemment touchées (poignées de portes, tables, chaises, lavabos, wc, …), absence d’aération ou aération insuffisante, etc. Ils pourront à la fois exercer leur droit de retrait et interpeller les élus du CHSCT de leur établissement s’il en existe un ou les élus du Comité technique du Centre de Gestion (passer par l’union locale d’un syndicat) s’il n’existe pas d’instance interne.

à lire : https://www.cgt.fr/actualites/exercice-du-droit-de-retrait-du-salarie