Caen-Cherbourg, étudiants mobilisés

Mobilisations étudiants Caen

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Premières élections professionnelles pour le Snéad-Cgt

Voici les résultats aux élections professionnelles obtenus par le Snéad CGT, seul, en association avec la CGT Services Publics ou en liste intersyndicale, dans les écoles où il a mis en place une section. Les écoles où les élections se déroulaient au niveau du Centre de Gestion, de la ville/agglomération ou celles n’ayant que des adhérents isolés ne figurent évidemment pas dans cette liste.

ESAM Caen/Cherbourg : Snéad-Cgt = totalité des sièges (4)

EESAB (Bretagne) : Snéad-Cgt = 2 sièges sur 4

ESAL (Metz/Epinal) : Snéad-Cgt = 1 siège sur 4

ESAD (Toulouse) : Snéad-Cgt + Sud = totalité des sièges

ESAD (Pau-Tarbes) : Snéad-CGT + Cgt sp + CFDT = totalité des sièges

ESAD TALM (Tours-Angers-Le Mans) = Snéad-Cgt+Cgt sp+CFDT = totalité des sièges

ESAD (Orléans) : Cgt sp + Snéad-CGT = 1 siège sur 4

 

« Choose France »

Le Journal des Arts a publié une tribune de l’Andéa à la suite du mouvement des étudiants des Beaux-Arts de Paris contre l’augmentation massive des frais d’inscription pour les étudiants non-européens dans l’enseignement supérieur.

Nous reproduisons cette tribune ci-dessous. Si on ne peut qu’approuver la contestation de cette hausse des frais d’inscription annoncée par le gouvernement (1400% !) , le curieux argumentaire de l’Andéa suscite néanmoins des interrogations. L’opposition affichée à cette augmentation est en effet étrangement associée à un satisfecit pour le Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain de Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, et à sa mise en œuvre par Emmanuel Macron, plusieurs fois mentionné dans le texte.

Pourquoi diable avoir fusionné deux sujets dans un même texte si ce n’est pour atténuer l’un des deux, alors que le sujet principal est suffisamment scandaleux pour offrir en lui-même un argumentaire qui permettrait d’en faire la critique radicale ? D’autant qu’à y lire de plus près, de longues pincettes sont prises pour se saisir de l’augmentation des frais d’inscription que les écoles d’art refuseraient d’adopter « tant qu'(elle) ne sera pas augmenté(e) d’une véritable politique concertée avec les pays extra-européens en question ». Est-ce laisser entendre que sous couvert d’une « politique concertée », on pourrait massivement taxer les étudiants non-européens ? On aurait préféré que l’Andéa déclare plus clairement qu’elle refuse toute hausse substantielle des frais d’inscription des étudiants non-européens, quelles que soient les conditions, aucune garantie n’existant sur la qualité de la concertation au vu de la longue tradition néo-coloniale française, pas plus que sur l’équité sociale de cette concertation ni sur sa pérennité.

La fusion des deux sujets semble maladroitement lier la restitution d’un patrimoine artistique volé à l’augmentation du prix à payer pour étudier l’art pour les descendants des victimes dudit vol. Une fois de plus, l’Andéa ne semble pas assumer jusqu’au bout ses prises de position dès lors qu’elles impliquent une critique de notre politique gouvernementale, pourtant toujours plus néfaste pour les écoles d’art et pour l’ensemble de l’enseignement supérieur.

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Frais d’inscription

Synthèse des analyses et réactions à l’annonce de l’augmentation des frais d’inscription des étudiants étrangers hors UE à lire ici, sur le site sauvons l’université !

Ne nous faisons pas d’illusions, les écoles supérieures d’art n’échapperont pas à ce mouvement.

Fusions et confusion

À l’heure actuelle, 4 grandes régions expérimentent un avant-projet ministériel de fusions entre établissements d’enseignement supérieur : la Bourgogne-Franche Comté, Les Hauts de France, Normandie et PACA.

L’IGAENR (L’inspection générale de l’administration de l’Education nationale et de la Recherche) a préconisé ces fusions dans son rapport de mars 2018 afin d’épouser les contours des 13 nouvelles régions déterminées par la loi NOTRe en 2021.

Plus précisément :

La loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles dite loi MAPTAM et la loi no 2015-991 du 7 août 2015 portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République dite loi NOTRe ont créé13 nouvelles régions métropolitaines et contraint à une restructuration profonde des services publics et de l’organisation du pays.

Au-delà d’un simple redécoupage territorial et d’une redéfinition des missions publiques, c’est en réalité une refonte complète de l’architecture territoriale, dans le but de mettre en place « l’Europe des régions », voulue par l’Union Européenne.

L’objectif principal est évidemment de déréglementer les services publics, de réduire les coûts, de diminuer le nombre de fonctionnaires, d’accentuer la mise en concurrence des territoires et des salarié-e-s. Ces restructurations administratives, on le sait, se traduisent immanquablement par des suppressions et des redéfinitions de postes, des mobilités forcées, la dégradation des conditions de travail et en bout de course, la dégradation du service public pour toutes et tous sur le territoire.

Alors que Comité Action Publique 22-CAP22 cible directement le statut du fonctionnaire et cherche à tailler dans l’emploi public (suppression de 120 000 postes annoncée), le rapport de l’IGAENR de mars 2018 préconise opportunément la fusion des académies pour les calquer sur les 13 régions métropolitaines crées par la loi NOTRe…

Il en découle un « avant-projet d’ordonnance relative à l’expérimentation de nouvelles formes de rapprochement, de regroupement ou de fusion des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ».

Ecoles supérieures d’art

L’article 14 de cet avant-projet d’ordonnance vise directement nos écoles d’art puisqu’il y est stipulé que « Cette convention de coordination territoriale caractérise un rapprochement qui doit comprendre au moins un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel. La plupart des écoles d’art étant devenues des EPCC (établissements publics à caractère culturel), la fusion s’annonce dans la région des Hauts de France avec l’ESAD de Valenciennes qui se prépare à intégrer l’Université Polytechnique des Hauts de France, dont elle deviendrait « une composante »

Ce projet d’intégration à l’UPHF n’est pas neuf, il circulait depuis des années dans les milieux autorisés. Il vise à trouver une solution pour une école d’art que la ville a menacé de fermer et dont elle prolonge la survie d’année en année, tout en resserrant le budget comme la corde autour du cou du pendu. Il est évident que l’ESAD trouvera au sein de l’UPHF des formes de mutualisation en moyens comme en personnels mais qu’en retour qu’elle deviendra de plus en plus l’université et de moins en moins l’école d’art. On peut comprendre que, dans ces conditions d’incertitude, les personnels de l’ESAD rencontrent de grosses difficultés, d’autant que la précarité des emplois est, là encore, de mise. Les effectifs d’étudiants baissent. Le budget est en dessous du raisonnable. On peut d’ailleurs se demander si des charges n’y sont pas imputées irraisonnablement.

On peut aussi se demander pourquoi une fusion avec l’Ecole Supérieure d’Art du Nord-Pas de Calais (Dunkerque et Tourcoing) ne s’est jamais faite. Les maires des trois villes en portent la responsabilité. Les menaces de fermeture et la pression sur l’exécutif régional n’a pas fonctionné. Tant qu’un vrai projet politique d’enseignement artistique supérieur n’est pas impulsé, les trois écoles continueront de vivre dans l’incertitude du lendemain. L’Etat veut régionaliser, le Snéad n’a cessé de dénoncer les difficultés des élus locaux à gérer l’enseignement supérieur. Les faits lui donnent hélas raison.

Dans le détail du projet

1/ l’article 1 prévoit que ce regroupement d’établissements (publics et privés, un tel mélange des genres ré-interrogeant la nature du service public…) réalise « un projet partagé d’enseignement supérieur définis par les établissements qu’il regroupe ». Or, ces établissements seront conçus selon un principe simple : un gros établissement expérimental et plusieurs établissements « composantes » censés garder leur « personnalité morale », le mot même d’autonomie n’étant jamais énoncé…

2/ L’article 3 prévoit que le périmètre des activités pour lesquelles l’établissement nouveau peut étendre ses statuts est, entre autres, de « créer des services d’activités commerciales et industrielles »… Nous sommes bien dans l’ère Macron…

3/ l’article 5 prévoit que ce sont les statuts de l’établissement nouveau qui définissent ses missions, ses compétences qu’il peut « coordonner ou partager avec ses établissements composantes » qui, eux, peuvent « lui transférer des compétences », entre autres…

4/ l’article 9 prévoit que « les agents des établissements composantes peuvent exercer tout ou partie de leurs fonctions au sein de l’établissement expérimental ». Autant dire que ceux-ci devront être « mobiles ». Pas facile d’être « mobiles » quand vous habitez Grenoble et que vous devrez vous déplacer à … Clermont-Ferrand !

5/ l’article 12 prévoit texto que « les statuts définissent les conditions dans lesquelles l’établissement expérimental et ses établissements composantes peuvent demander à l’autorité de tutelle compétente d’affecter des crédits et des emplois à l’établissement expérimental ou à ses établissements composantes ». Autant dire que les budgets des petites écoles intégrant la grosse université seront vite aspirés… Oserons-nous penser que, pour des raisons économiques les établissements fusionneront aussi leurs instances : un seul et unique comité technique, un seul et unique CHSCT, un seul et unique Conseil pédagogique, un seul et unique CA, un seul et unique conseil scientifique ?…

Et l’on peut se demander …:

Que deviendront les diplômes nationaux délivrés par les écoles d’art? Que deviendront les secteurs de recherche développés par les écoles d’art ? Que penser de la mobilité des enseignants quand une région est aussi vaste que la Bourgogne Franche Comté, de Dijon à Besançon ? Que deviendront les budgets de recherche spécifiques à l’école d’art dans un conseil scientifique unique ? Que devient une école d’art à 150 agents quand elle est la composante d’une université à plus de 2000 agents ? Et dont l’établissement principal définit ses propres statuts (article 4 de l’avant-projet)…

Sous couvert d’expérimentation, ce projet d’ordonnance implique une profonde restructuration du modèle français d’Enseignement supérieur et de Recherche alors qu’aucun bilan n’a jamais été tiré des réformes qui se sont succédé ces 12 dernières années. Sans même parler de la sonnette d’alarme que tire le SNEAD depuis bientôt deux ans au sujet du mode de gouvernance des EPCCs…

Concours d’entrée

En Bretagne, comme souvent ailleurs, les jurys des concours d’entrée ne respectent pas les règles fixées par l’Arrêté Ministériel du 16 juillet 2013, tel que reproduit ci-dessous :

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On constate que l’article précise en toutes lettres que les jurys sont composés de « trois professeurs nommés par le directeur ». À l’exclusion donc des personnels administratifs ou techniques, à l’exclusion également des étudiants.

Le Snéad est revenu sur le sujet en Comité Technique. Des enseignants et un directeur de site ont soulevé la question au cours d’une réunion du CPVE. Rien n’y fait. L’administration, soutenue par la CFDT, persiste à prendre le risque de voir n’importe quel candidat malheureux déposer un recours au Tribunal Administratif et faire invalider l’ensemble du concours d’entrée, avec les énormes conséquences financières que cela représente, puisqu’il s’agit d’une épreuve commune aux quatre sites (Brest, Lorient, Quimper et Rennes). Conséquences en terme de recrutement aussi, et nuisible à l’image de l’EESAB, bien évidemment.

Il est étonnant que la DRAC qui représente la préfecture au Conseil d’Administration, donc est garante du respect de la légalité, ne se soit jamais penchée sur le problème. Le Snéad annonce donc qu’il mènera une action en avril prochain lors du concours d’entrée.

Rassemblement du 15 octobre devant le Ministère de la Culture

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© Michel Bigot – CFDT Culture

Ce lundi 15 octobre les directeurs des 45 écoles d’art étaient reçus au ministère de la Culture, dans les services de la Direction Générale de la Création Artistique, en charge de nos établissements. Pour nos organisations syndicales (intersyndicale Snéad CGT-SUD CT-FSU SNUter / CFDT Culture & Interco) c’était l’occasion d’interpeller nos décideurs sur l’avenir des personnels, de nos formations et donc des étudiants.
Notre tract commun a été distribué à l’entrée et environ 35-40 enseignants se sont retrouvés, rencontrés parfois pour la première fois, venant du Mans, de Tours, de Toulouse, de Metz, de Clermont Ferrand, de Caen-Cherbourg, de Rennes, de Strasbourg…
Tous ne comprenaient pas comment une tutelle pédagogique d’État tel que le ministère de la Culture pouvait demeurer aussi statique face à une situation nationale aussi délétère autant humainement qu’en termes organisationnels. Les échanges montraient que nombre de directeurs d’école visaient à toujours faire travailler plus les enseignants (interprétant le décret de 1991 encadrant les statuts des professeurs d’enseignement artistique territoriaux, au nom de la libre administration), qu’ils pouvaient en menacer d’autres de les envoyer en classe préparatoire (le Snéad considère d’ailleurs les enseignants des classes préparatoires publiques comme appartenant à l’enseignement supérieur), que certains nommaient secrètement les enseignants dans leur Conseil Scientifique (sans aucune collégialité, engageant des décharges horaires sans aucun lien avec le Conseil Pédagogique), que d’autres exigeaient 100% de réussite aux diplômes (comme un signe de supériorité dans cette mise en concurrence de nos établissements par les instances d’évaluation) …

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 © Michel Bigot – CFDT Culture

Nos organisations syndicales n’ont pas demandé à être reçues au ministère car elles le seront par le nouveau conseiller aux affaires sociales du Ministère de la Culture à la fin du mois. Mais il s’agissait de rappeler notre existence, la réalité de nos écoles et de nos équipes, l’inquiétude des étudiants pour obtenir des réponses concrètes et détaillées suite aux dernières déclarations du ministère, aux chiffrages annoncés et sur la méthode choisie pour mettre en œuvre un véritable chantier de consolidation et de mise aux normes de l’enseignement supérieur artistique public.
Nous attendons de notre nouveau ministre de la Culture, Franck Riester, qu’il s’empare pleinement de ce dossier dès son arrivée rue de Valois. Il a déjà 16 ans de retard.

 

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© Sarah Fouquet – Snéad-CGT