Coordinations : au bon désir des directions

Il ne semble pas que les fonctions de coordinateur d’option ou d’année dans une école d’art soient précisément définies par les textes. En conséquence, chaque école fait ce qu’elle veut et rétribue comme elle veut, participant à ce grand mouvement de déréglementation qui accompagne les écoles d’art depuis 2010.

Qu’est-ce qu’un coordinateur ? Quelles sont ses fonctions ? De quoi bénéficie-t-il en retour de ses responsabilités ?

Ne parlons pas de Metz où les coordinateurs ont été transformés en « managers de proximité », version moderne du contremaître, et sont chargés des évaluations professionnelles de leurs collègues.

Parlons plutôt de la Bretagne où le Snéad a réitéré sa revendication d’une élection des coordinateurs d’option par leurs pairs, sur le modèle de l’enseignement supérieur. La CFDT s’y est opposée, préférant la nomination par la direction. Étrange position d’un représentant syndical qui refuse la démocratie au profit de l’autorité hiérarchique.

Parlons même plus précisément de Lorient où les collègues ont engagé une démarche à l’encontre de la direction générale pour faire valoir leurs droits. Ils n’ont en effet jamais touché la prime « ISOE variable » ordinairement attribuée aux coordinateurs, contrairement à ce qui figurait dans le protocole social signé lors de la création de l’EPCC. On sait que l’Indemnité de Suivi et d’Orientation des Etudiants est composée d’une partie fixe, attribuée à tous les enseignants en charge de suivi de projets des étudiants (environ 1 199,16 € brut par an) et d’une partie variable (dite ‘modulable’) attribuée à ceux qui assument des responsabilités plus larges telles que la charge de coordination (1 408,92€ brut par an). On savait que les régimes différaient entre les quatre sites qui composent l’école de Bretagne, mais que l’ISOE variable n’ait jamais été versée paraissait étonnant. Preuve en a néanmoins été apportée par nos collègues qui ont expédié individuellement leurs lettres recommandées à la Direction Générale, exigeant le versement des primes non-perçues au cours des quatre dernières années, augmentées des intérêts moratoires et des indemnités de retard.

Le remarquable travail juridique mené par nos collègues a clairement établi les manquements de l’employeur à leur égard et les bases sur lesquelles il pouvaient s’appuyer. Les difficultés financières du site de Lorient de l’EESAB ne peuvent plus être un argument pour ne pas régler ce qui est dû.

Néanmoins tout le problème ne se réduit pas à une simple question de prime. Une analyse comparative montre que le travail de coordination d’année à Lorient comprend une part pédagogique mais aussi une masse de travail administratif considérable qui incombe ailleurs aux secrétariats pédagogiques. Si on ajoute au tableau un taux d’encadrement de 1 enseignant pour 13 étudiants quand la norme serait de 1 pour 9/10 étudiants, on comprend l’exaspération de nos collègues.

On constate ainsi que l’absence d’encadrement précis d’une fonction ouvre grand la porte à des pratiques pour le moins hétérogènes. La Direction Générale de l’EESAB a proposé une réunion visant à définir le rôle du coordinateur. Cela ne réglera pas la question financière mais permettra déjà une harmonisation des pratiques entre les sites.

Mais entre les écoles ? Harmoniser les missions des agents du service public sur tout le territoire de la République ne relève-t-il pas de la responsabilité du Ministère de la Culture et du Ministère de la Fonction Publique ?

Ici, le descriptif des fonctions de coordination à Lorient : EESAB Lorient-Les Fonctions de Coordination

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Biarritz : Une étudiante blessée par la police

Nous apprenons avec consternation le drame survenu à Biarritz où une étudiante de l’école de Bayonne présente pacifiquement à la manifestation contre la préparation du G7, a reçu un tir de flash-ball en plein visage.

Mâchoire fracturée, dents détruites, Lola a été hospitalisée et a dû  subir une intervention chirurgicale.

L’interview de Lola, 6 jours après les faits ici

Une vidéo tournée par une manifestante est visible ici

Une autre vidéo tournée par un gilet jaune est visible ici (à 6’30 »)

Une enquête a été ouverte. Le sous-préfet n’a néanmoins pas eu un seul mot pour Lola.

Lire ici l’article de Sud-Ouest,  ici le reportage de France Bleue et ici l’article de la République des Pyrénées.

 

Communiqué de l’école de Bayonne :

« L’École supérieure d’art Pays basque a appris avec consternation et révolte qu’une de ses étudiantes avait été gravement blessée au visage par un tir de Flash-Ball à l’occasion d’une manifestation, hier à Biarritz. Nous condamnons fermement cette violence policière et apportons tout notre soutien à notre étudiante, actuellement hospitalisée. »

Le Snéad dénonce à l’unisson des collègues de Bayonne la disproportion des moyens utilisés par la police contre les étudiants. Nous sommes tous et toutes, enseignants, personnels administratifs ou techniques des écoles d’art, meurtris par ce drame. Depuis le début des manifestations qui secouent actuellement la France, la brutalité de la répression a été à plusieurs reprises dénoncée. L’utilisation des flash-ball en tir tendu et de grenades excessivement dangereuses ont été maintes fois condamnées sans que le gouvernement en tienne compte.

Une collecte a été organisée en faveur de Lola :

https://www.leetchi.com/c/lola-blessee-injustement-a-biarritz-par-un-tir-de-flash-ball

Plusieurs rassemblements de protestations sont prévus :

 jeudi 20 décembre devant la mairie de Bayonne, à 19 heures, à l’appel du groupe antifasciste du Pays basque.

 vendredi 21 décembre, à Biarritz devant la mairie à 19 heures, par les groupes locaux des gilets jaunes.

Montpellier, étudiants mobilisés

Le site Le Poing signale l’occupation de l’école d’art de Montpellier par ses étudiants.

Lire ici :

http://www.lepoing.net/les-etudiant%C2%B7e%C2%B7s-des-beaux-arts-de-montpellier-occupent-leur-ecole/

L’Intersyndicale Snéad-Cgt / Sud-ter solidaire des étudiants mobilisés

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photo : ENSA Limoges occupée

Communiqué

L’Intersyndicale Snéad-CGT/Sud ter tient à affirmer son entière solidarité et celle des personnels enseignants, techniciens et administratifs qui composent chacun de ses syndicats, avec les étudiants de Toulouse, Caen-Cherbourg, Limoges, Nantes et ceux  d’autres écoles à venir dans le cadre de leur mobilisation. Déclenchée par l’étincelle de l’augmentation de droits d’inscription pour les étrangers, la mobilisation étudiante en déborde largement pour aborder plus largement la nature même d’une école d’art.

Au sein de notre Intersyndicale, nous n’avons cessé de déplorer la perte de démocratie interne et d’exiger une refonte du statut des EPCC, nous nous sommes battus pour une revalorisation qui mettrait les enseignants des territoriales au niveau de leurs collègues des écoles nationales, en attendant la création d’un corps national des enseignants des écoles d’art (nationales et territoriales), nous avons réclamé de meilleurs statuts pour les assistants et les techniciens, nous avons lutté contre la gangrène de la précarité qui fragilise les personnels devant des directions toutes puissantes, contre tous les accrocs à nos statuts, nous avons alerté sur les dangers des fusions avec les universités et nous avons argumenté en faveur d’une révolution pédagogique. Malheureusement, l’hostilité de nombreuses directions et la surdité des ministères n’ont pas permis le dialogue que nous souhaitions en dépit du soutien actif de nombreux députés et sénateurs.

Les étudiants constituent une force considérable, bien plus puissante que les personnels. L’avenir des écoles leur appartient, à eux de l’inventer. Le monde ne s’arrête pas à la porte des écoles.

Limoges, étudiants mobilisés

Message des étudiants de Limoges :

LimogesOccupé

Violences policières, précarité constante et croissante, frais d’inscriptions pour les étudiant·es étrangèr·es qui augmentent, mouvements des gilets jaunes, mobilisation des lycéen·nes et étudiant·es.

Qu’on soit politisé·e ou non, ce qu’il se passe en dehors des murs de notre école nous préoccupe.

Dans nos regards qui se croisent dans les couloirs, une petite étincelle, des discussions, nous imaginons ce que ce serait si c’était la révolution, ce qu’on ferait si à l’école on se mobilisait aussi. Comment nous pourrions agir, nous étudiant·es en école d’art ?

L’appel à l’occupation des Beaux-arts de Toulouse transforme alors l’étincelle en flamme. Ils l’ont fait. Ils ont le soutien de leur administration.

Certain·es d’entre nous se retrouvent le soir pour décider d’une première action. Une assemblée générale s’en suit, une quarantaine d’étudiant·es de l’ENSA Limoges soutiennent l’idée d’occuper l’école. Nous prenons rendez-vous avec la direction pour régler les questions de sécurité.

Le vendredi midi nous nous retrouvons pour rédiger les règles de vie.

Nous, étudiant·es de l’École nationale supérieure de Limoges occupons l’école depuis le vendredi 14 décembre 2018.

L’école est pour nous un outil, nous voulons utiliser son potentiel jour et nuit.

Nous expérimentons la vie en collectivité et nous développons ensemble des réflexions, des discussions, des créations, des rencontres dans la continuité des problématiques soulevées par les mouvements de contestation (étudiants, les gilets jaunes, lycéens…) et les thématiques de société qui en découlent : écologie, féminisme, accueil des réfugié·es, répression policière…

Cette occupation s’effectuera en parallèle des cours, sans en gêner le déroulement.

Être étudiant.e en art, c’est déjà un engagement. En faisant ce choix d’études, on prend le risque de vivre dans une incertitude économique et sociale permanente. L’école d’art nous offre le pouvoir et le temps de faire des choses autrement, de penser autrement, d’agir autrement avec des moyens plastiques et visuels.

La possibilité qu’on nous offre de porter un regard sur le monde doit sortir des murs de notre école. Nous apprenons en permanence à communiquer sur ce que nous faisons et nous pensons, il faut s’emparer de cela pour agir.

Nous nous joignons à l’appel de l’Institut Supérieur des Arts de Toulouse et ainsi invitons à notre tour, l’ensemble des écoles d’art françaises et les établissements de l’enseignement supérieur à s’impliquer à leurs tours et soutenons étudiant·es et lycéen·nes déjà mobilisé·es.

Pour suivre ce qu’il se passe durant l’occupation une page facebook : https://www.facebook.com/pg/ENSA-Limoges-occupée-333341370842036/posts/

Toulouse, les étudiants mobilisés

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« Manifeste(r)

Depuis des années nous sentons que notre pays souffre de plus en plus. Depuis quelques mois la population, des personnes issues de toutes classes sociales s’éveillent et exigent une autre manière de vivre. Une vie que l’on ne subirait pas sans l’oppression politique et capitaliste menée depuis des années.

Jeudi 6 décembre, aux portes de l’école, nous avons assisté à des scènes d’une grande violence.

Comme à l’habitude au sein de notre établissement, les étudiant.e.s s’éveillent tardivement, enfermé.e.s dans une bulle, protégé.e.s par de hauts murs sans savoir de quelle manière réagir, alors que beaucoup cherchent à s’impliquer. Qu’importe la manière, le besoin de faire ensemble est plus que pressant. On nous apprend que l’art, le design et le design graphique partagent un lien étroit avec la politique et la société.

Aujourd’hui nous avons réellement l’impression de n’être que de simples spectateurs de quelque chose qui nous touche tous énormément.

Nous assistons à un mouvement que nous soutiendrons par l’expression artistique et collective.

Nous avons donc réagi vendredi 7 décembre, dans l’urgence et avec un sentiment de révolte et de peur face à ces visions.

Une centaine d’étudiants s’est réuni et nous décidons d’habiter pacifiquement l’école de manière à créer un temps d’expression et de réflexion collectif ininterrompu destiné à produire et échanger autour de ce soulèvement national, des enjeux de ces manifestations populaires, et de ce qui impacte directement l’enseignement supérieur et les écoles d’art.

Nous traiterons ces questions collectivement sans nuire à nos propres études ou celles des personnes qui ne rejoignent pas nos idées.

Nous avons pleinement conscience de la liberté que nous offrent notre école et nos études, nous nous réjouissons d’avoir accès à tant d’outils de création et aujourd’hui il ne s’agit pas d’entraver cette liberté, il est de notre devoir de la faire valoir et de la protéger.

A notre sens, habiter l’école passe aussi par le fait d’y dormir, de s’organiser pour manger ensemble, de se confronter à l’inconfort et de se sentir chez soi, de garder sains et propres ces espaces qui sont les nôtres, d’apprendre à respecter les intimités, de se réveiller le matin aux cotés de camarades et d’entamer une journée de travail et de réflexion.

Nous estimons que l’école est un lieu de travail et de vie, nous allons en faire la démonstration dans le plus grand respect et en toute responsabilité. Pour veiller au bon fonctionnement de cette expérience collective, nous avons établi des règles de vie approuvées par l’ensemble des personnes présentes aux Points du Jour de vendredi.

Notre établissement ne restera pas muet.

Ce lundi 10 décembre, notre direction nous reçoit avec un sentiment d’appréhension.

Nous apportons plusieurs textes écrits par des étudiant.e.s, un texte commun ainsi que les règles de vie établies la semaine passée. Le dialogue est immédiat, nos intentions comprises, la responsabilité dont nous faisons preuve apparente.

Notre direction nous apporte son soutien.

Nous invitons l’ensemble des écoles d’art françaises et les établissements de l’enseignement supérieur à s’impliquer à leurs tours et soutenons étudiant.e.s et lycéen.ne.s déjà mobilisé.e.s.

Des étudiant.e.s de l’Institut Supérieur des Arts de Toulouse »

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Premières élections professionnelles pour le Snéad-Cgt

Voici les résultats aux élections professionnelles obtenus par le Snéad CGT, seul, en association avec la CGT Services Publics ou en liste intersyndicale, dans les écoles où il a mis en place une section. Les écoles où les élections se déroulaient au niveau du Centre de Gestion, de la ville/agglomération ou celles n’ayant que des adhérents isolés ne figurent évidemment pas dans cette liste.

ESAM Caen/Cherbourg : Snéad-Cgt = totalité des sièges (4)

EESAB (Bretagne) : Snéad-Cgt = 2 sièges sur 4

ESAL (Metz/Epinal) : Snéad-Cgt = 1 siège sur 4

ESAD (Toulouse) : Snéad-Cgt + Sud = totalité des sièges

ESAD (Pau-Tarbes) : Snéad-CGT + Cgt sp + CFDT = totalité des sièges

ESAD TALM (Tours-Angers-Le Mans) = Snéad-Cgt+Cgt sp+CFDT = totalité des sièges

ESAD (Orléans) : Cgt sp + Snéad-CGT = 1 siège sur 4