Une députée intervient

Madame Laurence Dumont, députée du Calvados, est intervenue auprès du gouvernement suite à ses échanges avec l’Intersyndicale. Sous le précédent gouvernement, elle avait déjà écrit pour soutenir notre revendication d’une revalorisation des enseignants. Elle a cette fois étendu son interpellation aux autres questions essentielles touchant à nos statuts et à la gouvernance des écoles d’art.

Qu’elle en soit vivement remerciée.

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Intervention à l’Assemblée

En Commission Culture de l’Assemblée Nationale la députée de Paris Brigitte Kuster (Les Républicains) a posé à Mme la Ministre de la Culture une question suggérée par l’Andéa au sujet de la revalorisation des enseignants des écoles supérieures d’art territoriales. À voir ci-dessous à 47’30 ».

Par sa voix, donc, la revalorisation demandée se limite à un simple alignement sur les Professeurs des écoles nationales. La revendication minimaliste de l’ANDéA n’a donc pas varié depuis 2014. Nous sommes très loin des revendications des personnels enseignants des écoles territoriales comme nationales qui visent, eux, un alignement sur les enseignants d’université.

La Ministre n’a pas répondu.

Andéa B.Kuster

L’Andéa ne représente pas les personnels des écoles supérieures d’art. Sauf à considérer cette association comme un syndicat patronal, elle n’a aucune légitimité pour effectuer des démarches qui touchent à l’avenir, aux statuts ou salaires de ces personnels. Nous avons été informés que, par le passé, l’Andéa a freiné notre revalorisation.  Nous récusons donc ses interventions auprès des élus et des ministères et nous enjoignons les administrations ministérielles de ne traiter des questions touchant aux personnels qu’avec ceux que cela concerne directement : les représentants des personnels.

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5121041_5a016612bcab0

 

Question écrite déposée au Sénat par M. Pierre Laurent, sénateur de Paris, au sujet de l’enseignement artistique

Répondant aux sollicitations de l’Intersyndicale Snead-CGT/Sud territoriaux/SNU’ter (FSU), le sénateur de Paris, Pierre Laurent (communiste), a déposé une question au gouvernement ce 7 novembre. Il avait déjà été le premier élu national à marquer son soutien à notre action au printemps dernier.

Pour la création d’un corps national unique de l’enseignement artistique
Situation des établissements publics de coopération culturelle d’enseignement artistique – Par Pierre Laurent  / 7 novembre 2017

Question écrite n° 01948

M. Pierre Laurent attire l’attention de Mme la ministre de la culture sur la situation des établissements publics de coopération culturelle (EPCC).

Les représentants des personnels regrettent que les enseignants des trente-quatre écoles territoriales connaissent depuis quinze ans une dégradation de leur situation. Ils revendiquent la création d’un corps national unique de l’enseignement artistique et demandent qu’en attendant cette mesure ils soient revalorisés à l’égal de leurs collègues des onze écoles nationales. Ils souhaitent également que l’ensemble des enseignants dans les EPCC soient traités à l’égal de leurs collègues universitaires. Il s’inquiètent également du décret n° 2017-718 du 2 mai 2017 relatif aux établissements d’enseignement de la création artistique, qui a modifié le code de l’éducation et créé une obligation aux établissements agréés de recourir à des professeurs d’enseignement artistique (PEA) dans le cadre des classes préparatoires ne conduisant donc pas à des diplômes nationaux. Cette disposition crée de fait une confusion entre cette profession et celle d’assistant territorial d’enseignement artistique (ATEA) et contrevient au statut des PEA qui enseignent dans des cursus conduisant à des diplômes nationaux. De fait, cette situation semble mettre tout autant en danger les statuts des PEA que ceux des ATEA.

Par ailleurs, dans un contexte où des choix politiques nationaux et locaux peuvent représenter un risque pour la vie des EPCC, il lui semblerait important de réaffirmer la nécessité de leur existence et d’avancer une piste de réforme pour les stabiliser. La mise en parité des conseils d’administration entre d’un côté les représentants publics (représentants de l’État et des collectivités territoriales) et de l’autre les personnes qui font fonctionner au quotidien les établissements (représentants des personnels et des étudiants) serait un moyen pour retrouver la démocratie dans ces écoles.

Il lui demande quelles réponses elle compte apporter à l’ensemble de ces demandes.

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Lire également ici :

https://senateurscrce.fr/activite-des-senateurs/les-questions-au-gouvernement/les-questions-ecrites/article/pour-la-creation-d-un-corps-national-unique-de-l-enseignement-artistique

CNESERAC

L’Andéa communique (commentaires en dessous) :

CNESERAC
 1ère séance, le 17 octobre 2017


Compte-rendu par Muriel Lepage et Christian Debize

Cette première séance du CNESERAC, en format réduit (comme autorisé par le décret), dans l’attente des élections, comprend 35 personnes (Cf. tableau ci-joint), toutes nommées ou désignées : 27 étaient présentes.
Étaient également présents en qualité d’observateurs de nombreuses personnes du ministère de la Culture, des organisations syndicales et des étudiants (représentants des écoles d’architecture – au regard de l’ordre du jour). Les organisations syndicales du Comité technique ministériel (CTM) étaient invitées et représentées, de même que l’Union des étudiants en architecture et paysage (Uneap). Le Mesri était représenté par la Direction générale des ressources humaines et la Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (Dgesip), qui ont participé à l’élaboration des projets de décret.
Lorsque les élections auront eu lieu d’ici la fin de l’année, le CNESERAC comprendra 69 mem bres votants (Cf. note ci-jointe).
Cette session inaugurale n’était pas présidée par la Ministre mais par le secrétaire général, Hervé Barbaret, qui a ouvert la séance en faisant un discours de présentation. Il a notamment souligné le caractère très exceptionnel de cette séance face à l’urgence juridique des décrets mis à l’ordre du jour. Le ministère de la culture souhaite en effet voir aboutir la réforme des écoles nationales d’architecture avant fin décembre 2017. L’échéance avait été annoncée par Marc Schwartz, directeur de cabinet de Françoise Nyssen, lors du CTM (comité technique ministériel) du 3 octobre.
François Brouat (directeur Ensa Belleville) a dit combien il espérait que le CNESERAC soit véritablement un parlement des écoles.
Maryline Laplace, responsable du service de la coordination des politiques culturelles et de l’innovation au secrétariat général a ensuite donné des précisions sur les raisons d’être du CNESERAC et son fonctionnement , et a répondu à certaines de nos questions.
Étant donné la manière abrupte dont a été organisée cette première séance (convocation 5 jours avant, ordre du jour imposé avec déjà des textes à examiner pour avis, et des textes très importants de surcroît…), Christian Debize a demandé des précisions sur ce que sera le fonctionnement normal du CNESERAC afin que cette instance fonctionne réellement comme un parlement, de manière démocratique : concrètement, comment allaient être fixés les ordres du jour ?
Certaines personnes n’étaient pas du tout au fait de ce qu’est le CNESERAC. 
Bruno Mantovani (directeur du CNSMD) a demandé comment les décisions prises par le CNESERAC allaient ensuite devoir être adoptées par les instances des établissements (CSPVE/CA/COMUE…).
 Muriel Lepage a demandé ce qui se passerait si le CNESERAC délivrait des avis qui conduisaient à des obligations de financement pour les collectivités territoriales, lesquelles financent 60% des écoles culture. Le SG a alors rappelé que le CNESERAC, comme le CNESER, ne donnait que des avis et n’avait pas de pouvoir décisionnaire. Ce n’est pas du tout une instance jacobine, il n’obligera personne à rien. Le CNESERAC donne des avis,de son propre fait mais aussi sur une liste obligatoire de points qui doivent passer devant lui. C’est un outil de débat et une aide à la décision.
Le représentant des régions (Pascal Mangin, Grand Est) a dit combien il était satisfait de siéger dans cette instance et qu’il ne voyait aucun problème.
Après ces précisions liminaires, nous sommes passés à l’examen des décrets figurant à l’ordre du jour :
– projet de décret portant statut particulier du corps des professeurs et du corps des maîtres de conférences des écoles nationales supérieures d’architecture
- projet de décret relatif aux écoles nationales supérieures d’architecture et modifiant le code de l’éducation – projet de décret relatif au conseil national des enseignants-chercheurs des écoles nationales supérieures d’architecture
– projet de décret relatif aux maîtres de conférences & professeurs des écoles d’architecture associés ou invités – projet de décret relatif aux intervenants extérieurs des écoles nationales supérieures d’architecture
Ces cinq textes seront ensuite soumis à nouveau au Conseil d’État. La réforme de la gouvernance des Ensa et des statuts des personnels avait été rejetée par le Conseil d’État en mai 2017 au motif que les conseils d’administration de chaque école n’avaient pas été consultés.
Pour les votes nous nous sommes calés, après discussion avec lui, sur les avis de François Brouat, la communauté des écoles d’architecture ayant été mobilisée pendant très longtemps sur cette réforme, avec un résultat qui leur convenait parfaitement.
Le premier décret (statut des enseignants), approuvé à l’unanimité, a conduit à un débat :
– Christian Debize a demandé si ce texte avait vocation à faire modèle.
- Le SG a répondu que cela pouvait faire « prototype » et que bien entendu la question se posait pour les autres écoles culture.
- Muriel Lepage a présenté rapidement les spécificités de la recherche menée dans les écoles d’art et notamment les DSRA/DSRD qu’on ne pouvait aligner sur le doctorat. Elle a indiqué la volonté des écoles d’art de rester singulières sur cette question, en ayant la possibilité de propose des 3es cycles en plus d’éventuels doctorats, avec des chercheurs artistes ou designers – même si bien évidemment certaines écoles proposent aussi des doctorats en partenariat avec des universités. Les écoles supérieures d’art attendent elles aussi un réel statut pour leurs activités de recherche à l’endroit de ces 3es cycles et du statut des professeurs, mais il faudra être à l’écoute pour que ces réformes soient en phase avec ce que sont les écoles supérieures d’art. Bruno Mantovani (directeur du CNSMD) était pleinement d’accord avec cela.
-Le SG a alors rappelé que le CNESERAC n’était pas un conseil jacobin et que ceux qui voudrai ent suivre les écoles d’architecture le pourraient et ceux qui ne voudraient pas le pourraient aussi – sans évoquer la question du financement de ces réformes pour les professeurs qui ne sont pas de la fonction publique d’État…
- Pascal Convert, artiste nommé comme personnalité qualifiée, s’est lu aussi exprimé en indiquant qu’il fallait prendre garde à ce que cette réforme des écoles d’architecture ne conduise pas par ricochet à une scission entre les écoles d’art nationales et les écoles d’art territoriales : le réseau des écoles d’art, qui délivrent les mêmes diplômes, doit être pensé de manière globale, sans forcément s’aligner sur le modèle des écoles d’architecture.
Ensuite les décrets suivants sont passés, sauf celui sur les intervenants extérieurs, car il y avait un débat encore très vif entre tous les représentants des écoles d’architecture présents sur la question de la charge horaire maximum de 48H des intervenants, et donc nous sommes très nombreux à nous être abstenus, ne pouvant trancher et souhaitant que des négociations reprennent sur ce point entre les concernés.
Ainsi, les cinq textes ont-ils reçu un avis favorable :

– le projet d’EPA rénové (22 pour, 5 abstentions) ;


- le projet de statut d’enseignant-chercheur (27 pour) ;

– le projet de commission des pairs (27 pour) ;

– le projet d’enseignants-associés ou invités (27 pour) ;

– le projet de texte relatif aux intervenants extérieurs (5 pour et 22 abstentions).
Nous avons aussi débattu, dans le cadre de l’examen du texte sur le statut des établissements, sur les fonctions des directeurs des écoles d’architecture, notamment sur la durée des mandats alignée sur celle des autres établissements MC (3 fois 3 ans), ce qui semble poser des problèmes à certains qui auraient souhaité un premier mandat de 5 ans.
Cette réforme des Ensa — la première depuis 1978 — prévoit donc de rapprocher le fonctionnement des Ensa de celui des universités en :
– modifiant leur gouvernance vers un statut d’EPA adapté à l’enseignement supérieur, inspiré de l’organisation des écoles extérieures aux universités ;
- créant un statut d’enseignant-chercheur des écoles nationales supérieures d’architecture, avec un corps de professeurs et un corps de maîtres de conférences ;
– instituant une commission des pairs, construite comme une section du CNU ;

– dotant d’un statut les professeurs et maîtres de conférences associés et invités des écoles d’architecture, en reprenant des dispositions en vigueur pour les professeurs et maîtres de conférences associés ;

– définissant les conditions de recrutement des intervenants extérieurs.
 Ces textes statutaires avaient été complétés par un protocole d’accès à l’emploi titulaire conclu en avril 2017, entre les syndicats (CGT-Culture, la CFDT-Culture, SUDCulture Solidaire, l’Unsa, CFTC-Culture, Snac-FSU) et Audrey Azoulay, alors ministre de la culture et de la communication.

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Commentaires :

En attendant les élections des membres du CNESERAC, celui-ci s′est réuni sous forme restreinte, ne comprenant que des personnes désignées ou nommées, comme le prévoyait le décret installant le CNESERAC. Les participants n′ont été convoqués que 5 jours auparavant sur la base d′un ordre du jour imposé et particulièrement chargé.

La démocratie en sera donc une fois de plus pour ses frais. Les syndicats, nous l’avons déjà dit, n’existent pas statutairement au CNESERAC contrairement au CNESER, ce qui ne relève certainement pas du hasard. Ils auraient pu représenter légitimement les personnels scandaleusement absents de cette réunion. Les seuls à avoir été « invités » ne représentaient que des établissements nationaux.

Le secrétaire général du Ministère de la Culture a ouvert la séance et rappelant le caractère particulier de cette réunion, due à l′urgence imposée par les décrets.

Depuis les débuts de la réforme des écoles d′art, toute étape nouvelle relève de l′urgence absolue quitte à saturer les administrations, dérouter les équipes pédagogiques ou égratigner les statuts.

Ont été examinés 5 décrets portant sur la revalorisation et l′évolution statutaires des enseignants des écoles d′architecture. Le tout a reçu un avis favorable.

Les écoles nationales d′Architecture et leurs personnels enseignants bénéficient désormais de statuts qui les rapprochent des universités et de leurs personnels enseignants.

Comme cela est suggéré, la question qui se pose désormais est le devenir des écoles d′art en terme d′accès à la Recherche et d’ouverture de doctorats, principalement dans les écoles territoriales dont le financement est assuré pour l’essentiel par des collectivités locales déjà exsangues.

L’enseignement artistique au risque de la réification

Un article de Tristan Trémeau paru en 2011 et (hélas) totalement d’actualité en cette période de grandes manoeuvres autour de la Recherche !

À lire ici :

http://tristantremeau.blogspot.ch/2017/08/lenseignement-artistique-au-risque-de.html

Quelles perspectives pour les écoles d’art ?

Une émission de France-Culture, diffusée le 22 octobre, au sujet des écoles d’art avec :

Thomas Levy-Lasne, jeune peintre, ancien élève des beaux-arts de Paris.

Tristan Trémeau, critique d’art, professeur à l’École supérieure des beaux-arts Tours

Emmanuel Tibloux, directeur de l’Ecole « nationale » supérieure des beaux-arts de Lyon, directeur de la revue «initiale» et ancien président de l’ANdEA.

Nicolas Bourriaud, directeur du MoCo (Montpellier Contemporain) qui inclut la Panace et l’école supérieure des beaux-arts de Montpellier. (Ancien directeur des Beaux-Arts de Paris)

On y apprend, en toute fin d’émission, que l’Andéa discuterait actuellement avec les Ministères de la Culture et de l’Intérieur de la revalorisation des statuts des enseignants. Détail dont personne n’avait pris soin de prévenir les premiers intéressés.

À écouter ici :

https://www.franceculture.fr/emissions/rue-des-ecoles/emission-consacree-aux-ecoles-dart-francaises-dans-le-contexte-de-la-fiac

De la modernisation de l’enseignement artistique français

La Fonction Publique Territoriale n’est pas le monolithe que l’on croit souvent. Contrairement aux idées communément admises, les agents n’y sont pas figés dans des postes contraints par une réglementation tatillonne. Les écoles supérieures d’art (territoriales) offrent sans doute la meilleure illustration du dynamisme qui, au contraire, renouvelle chaque jour les fonctions, l’organisation collective ou les relations employeur-employé. Nous en donnons ici quelques exemples :

* Il existe dans les écoles d’art des « coordinateurs » d’options ou d’années qui sont des enseignants, généralement choisis par la direction (mais que l’on préférerait élus si ce n’était pas trop demander), dont la mission consiste à organiser les bilans, quelques réunions annuelles et parfois le déroulement des diplômes. Pour cette tâche supplémentaire, ils bénéficient en général d’une prime améliorée, appelée ISO variable.
L’ESAL de Metz innove considérablement au sujet de ces coordinateurs en les rebaptisant « managers de proximité » et en redéfinissant leurs missions.
Wikipedia nous renseigne sur cette dénomination curieuse en citant deux auteurs d’essais sur le management : « Michel Barabel et Olivier Meier donnent comme exemple de « manager de proximité » celui d’un chef de rayon des supermarchés Champion. »
La comparaison pourra en choquer certains mais l’ESAL explique plus précisément le rôle de ce « manager de proximité » dans le Guide le l’Entretien Professionnel distribué aux agents. Le rôle du « manager de proximité », est-il dit, est d’encadrer son équipe et d’assurer un rôle d’intermédiaire. Il veille à ce que les objectifs et les missions de l’école se réalisent. Il est donc le lien entre « le projet de l’agent, le projet de l’équipe et le projet de l’établissement ». Le manager de proximité veille également à ce que la communication entre agents et direction fonctionne. Il contribue à la « cohésion de l’équipe pour favoriser un fonctionnement dans un cadre non conflictuel. Leur proximité est un atout qui permet de relier positivement leur équipe à la direction. » Il a la charge de l’évaluation professionnelle annuelle.
Pour ce travail, le manager de proximité touche une prime de 90h en fin d’année après service effectué.
Pour résumer, les « managers de proximité » sont des collègues enseignants, jouissant du même statut que les autres, mais chargés de les encadrer, de les évaluer et d’assurer le lien avec une direction éloignée. Ils la déchargent en tout cas du travail d’évaluation.

* Autre innovation, celle de « responsable d’atelier » mise en place à l’ESAD d’Orléans. La fiche de poste de ces responsables d’ateliers, jusqu’alors rétribués selon la grille des animateurs de centres aérés, est un mélange des fonctions pédagogiques des Assistants et des responsabilités techniques des techniciens et techniciens spécialisés. Selon cette fiche, le « responsable d’atelier » « assiste pédagogiquement l’enseignant responsable du pôle/ou du projet », « participe à l’organisation et au montage des travaux d’étudiants dans le cadre des bilans, accrochages, diplômes, etc… ». Mais il doit également « assurer la maintenance des ateliers, des outils et des machines », veiller « à l’état des stocks en consommables, encres, papiers, etc… », etc. Le tout payé au plus bas.
L’un de ces responsables d’atelier a préféré ne pas reprendre le CDD à temps partiel qui lui était proposé cette année.

* À l’EESAB (Brest, Lorient, Quimper, Rennes), qui a connu une nette réduction de la précarité, le livret de l’Etudiant mentionne au sein de l’équipe pédagogique un enseignant atypique : Conservateur au Musée des Beaux-Arts, il délivre un enseignement d’histoire de l’art à titre gracieux, sur ses heures de travail au Musée. Simultanément, le poste d′un enseignant de Brest parti en retraite n′a pas été pourvu et c′est un « artiste intervenant » sur le seul second semestre qui s′y substitue, « à titre d′expérimentation ». Quimper bénéficie toujours d′une assistante rétribuée comme animatrice.

* À l’ÉSAM Caen/Cherbourg, le glissement des missions des différentes catégories de personnel brouille les spécificités des cadres d’emploi. Les assistants d’enseignement artistique assurent des missions équivalentes à celles des professeurs d’enseignement artistique. Ils assurent les cours, les ateliers dont ils préparent les contenus, en assurent seuls les évaluations, coordonnent les options, accompagnent les étudiants aux diplômes Bac+3 et Bac+5 et suivent des mémoires. Ce sont donc des professeurs d’enseignement artistique à part entière, avec des parcours professionnels similaires et des niveaux de diplômes équivalents, mais qui travaillent plus (20h hebdomadaire et non pas 16h) et sont payés moins. Par ailleurs, il est demandé aux techniciens en charge des ateliers techniques d’assurer des heures de formation, donc des missions pédagogiques, ce qui les fait glisser vers des missions propres aux assistants d’enseignement, sans en avoir les horaires (44h/semaine au lieu de 20h) ni évidemment les mêmes grilles de rémunération. Il a même été récemment précisé que les techniciens pouvaient assurer les missions de recherche (ouvertes à n’importe quelle catégorie de personnel). Enfin, il est imposé à des professeurs d’enseignement artistique d’assurer un ratio horaire d’enseignement, théoriquement réservé en totalité à la formation des étudiants conduisant à des diplômes nationaux, à des élèves de la classe préparatoire sur le site de Cherbourg.

Ces exemples prouvent qu’en dépit des corporatismes qui trop souvent freinent la modernisation du service public, les écoles supérieures territoriales d’art n’hésitent pas à inventer de nouvelles activités, de nouvelles missions, de nouvelles formes d’émulation et (presque) de nouveaux statuts pour accéder à la modernité.

Alain Bourges, pour le Snéad-CGT

PS : Toujours pas de direction à Avignon ni à Toulouse.

Elections au CNESERAC

Un strapontin pour les syndicats : Sur 69 membres, seulement 3 représentants des syndicats d’artistes et de designers et organisations professionnelles du secteur et aucun des salariés des établissements d’enseignement artistique

L’ANDEA informe que le 4 mai 2017, le décret n° 2017-778 a institué une nouvelle instance consultative, le Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Artistiques et Culturels (CNESERAC) dans le cadre de la Loi sur la Liberté de création, l’architecture et le patrimoine.

5 professeurs et 2 étudiants (et autant de suppléants) représenteront les écoles supérieures d’art et design au CNESERAC. Ils doivent être issus des Conseils d’Administration et Conseils Pédagogiques des écoles.

(…)

C’est le Secrétariat général du ministère qui contactera les établissements pour organiser les élections. 

(…)

. Le CNESERAC est présidé par le ministre de la Culture. Il est composé de 69 membres ayant le droit de vote. Pour chacun de ces membres, à l’exception des 6 personnalités qualifiées, un suppléant est prévu.

MEMBRES NOMMÉS PAR LE MINISTRE (15)
7 directeurs d’écoles (ventilation indéterminée par le décret : 2 directeurs d’écoles supérieures d’art et design seront nommés, tout au moins pour le premier mandat)
2 responsables des structures de recherche ou instituts du MC hors écoles
6 personnalités qualifiées dans les domaines culturel, artistique, de l’enseignement, de la recherche, économique ou social (dans le meilleur des cas 1 personnalité du milieu de l’art/design : artiste ou designer ou commissaire ou critique d’art ?)

MEMBRES ÉLUS OU DÉSIGNÉS EN LEUR SEIN (54)
17 professeurs dont 5 des écoles supérieures d’art et design
8 étudiants dont 2 des écoles supérieures d’art et design
8 personnels scientifiques des établissements de recherche du MC : conservateurs, chercheurs, ingénieurs de recherche…
15 représentants des professionnels concernés : probablement 3 représentants des syndicats 
d’artistes et de designers ou organisations professionnelles du secteur
1 député (probablement issu de la commission culture de l’Assemblée nationale)
1 sénateur (probablement issu de la commission culture du Sénat)
1 conseiller municipal (désigné par l’AMF –Association des Maires de France)
1 conseiller régional (désigné par Régions de France)
1 représentant du CNRS
1 représentant du conseil économique, social et environnemental (CESE)

MEMBRES NON VOTANTS (8)
1 représentant désigné par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) ;
1 représentant désigné par le ministre chargé de l’enseignement supérieur ;
1 représentant désigné par le ministre chargé de la recherche ;
1 représentant désigné par le ministre chargé de la jeunesse et des sports ;
1 représentant désigné par le ministre chargé de l’industrie ;
1 représentant désigné par le ministre chargé des collectivités territoriales ;
1 représentant désigné par le président du centre d’études et de recherches sur les qualifications;
1 directeur régional des affaires culturelles, désigné par le ministre chargé de la culture.

Au contraire du CNESER où les personnels sont largement majoritaires, il seront largement minoritaires au CNESERAC.

Au contraire du CNESER où les syndicats des personnels et des enseignants présentent des listes par syndicats ou organisations, au CNESERAC, les représentants des personnels et des étudiants des écoles d’art, en nombre trop faible (respectivement 5 et 2), seront seuls.