ESAT en Lutte/Réunion du 11 janvier au Ministère de la Culture

Compte-rendu partiel de la réunion du 11 Janvier

L’intersyndicale qui est en cours n’a pas pu être représentée car l’invitation a été faite le mardi soir. Seul le Snead-cgt était présent. Étaient présents Philippe Belin et Florence Touchant pour la DGCA, 4 enseignants pour le Snead-cgt (dont 2 appartenant à ESAT en Lutte)

Deux d’entre nous ont affirmé appartenir au collectif rédacteur de la lettre ouverte et ont remis des exemplaires de la lettre et la liste des signataires mise à jour.

Cette réunion éprouvante, nous a mis dans une situation dont nous nous doutions mais qui là a été explicitement énoncée :

– Nous sommes le premier syndicat à nous battre contre un progrès social (l’augmentation de nos collègues des nationales)

– Nous faisons de l’auto-censure en ne revendiquant pas auprès de nos tutelles une grille de salaire semblable et des prophéties auto-réalisatrices quand nous pensons que nos employeurs ne pourraient supporter une telle différence

– Nos président d’EPCC ne font des courriers que pour demander des augmentations de dotation et se soucient peu de nos carrières et de nos écoles (« vous ne savez probablement pas comment fonctionnent les manœuvres politiques »)

A cela, ajoutons les arguments fallacieux : le Ministère n’a que 18 mois de retard sur le calendrier (depuis la promesse de Pellerin), nous n’avons qu’à nous servir de l’incompatibilité de nos statuts avec ceux qui nous permettrait de faire de la recherche (sic) pour forcer nos financeurs à modifier nos statuts, aucun de nos représentants (Andea et Cneea ont été leurs seuls interlocuteurs) ne s’est jamais attaché à porter ce sujet, ils défendrons bien sûr le Cneser-ac, ne suivent pas les positions de certains directeurs des nationales etc…. Enfin, nous personnels, syndicats n’avons jamais été convié aux négociations (qui se déroulent depuis deux ans) car c’est juridiquement impossible car le MCC n’est pas notre employeur (!)

Nous avons argumenté et répondu à chacune de ces attaques et avons obtenu l’assurance (orale) qu’une négociation interministérielle se tiendrait avant la fin du mois si nous ne nous opposons pas au toilettage de la grille des collègues (qui serait proche mais nous devons vérifier, de celle d’un inspecteur à la création, sur la base de 382 heures annuels)

Collectif INforme/Compte-rendu de la fameuse réunion du 14 décembre

Compte rendu de la réunion du 14 décembre 2016 qui a eu lieu dans le cinéma de Beaubourg à l’initiative du ministère de la Culture.

La journée a opposé des panels qui ont laborieusement exalté l’existant et des interlocuteurs qui à une exception près —une prise de parole courageuse en tribune pointant l’absence de vision concernant l’enseignement artistique et son retard sur le plan international— ont dénoncé depuis la salle l’absence de tout projet du ministère chargé de la Culture pour les écoles supérieures d’art.

Mme Hatchondo, Directrice générale de la création artistique, a fait une brève apparition en début et fin de séance. Philippe Belin, Directeur adjoint, a annoncé avec fracas d’entrée de jeu une réforme statutaire pour le corps des professeur-es des écoles nationales supérieures d’art, ce qui a eu pour effet de dresser une partie de la salle contre l’autre. Ce qui apparemment était le but recherché ! Il a ainsi affirmé, contre toute vérité, que le corps de référence pour les nationales serait le corps des Inspecteurs à la création (ICCEAC), hypothèse évoquée par certains syndicats Culture il y a quelques mois, mais catégoriquement refusée, comme toutes les mesures demandées ! Cette présentation mensongère lui a surtout permis de ne pas avouer que le statut des professeur-es des nationales datant de 2002 allait seulement connaître une légère revalorisation indiciaire suite à la revalorisation de la grille des agrégés, sur laquelle ce corps est aligné depuis 2002, cela de manière mécanique, dans le cadre du protocole PPCR (protocole Parcours professionnels, carrières et rémunérations, qui s’applique à partir de janvier 2017) et sans que le ministère de la Culture y soit pour quelque chose !

L’idée générale était semble-t-il de montrer un ministère au travail, bras actif d’un gouvernement qui allait étendre son action aux écoles territoriales dans la foulée, ce que personne n’a cru.

Les membres du Collectif INforme présent-es dans la salle n’ont eu de cesse de leur côté de rappeler les revendications que porte le collectif depuis des mois, à savoir une meilleure inscription dans le champ de l’enseignement supérieur, ce qui ne signifie pas un rattachement au ministère de l’enseignement supérieur, comme le disent certains, mais une série de réformes nécessaires permettant aux écoles supérieures d’art de développer leurs missions dans un cadre clair.

Comme c’est le cas depuis deux ans, ces revendications se sont heurtées au silence méprisant des représentants du ministère : rien n’est prévu pour les écoles supérieures d’art, telle est la triste vérité. La recherche continue à n’être pensée qu’en termes d’aide à des projets ponctuels, sans souci de la structurer, et l’annonce du recrutement futur d’un nouveau chargé de mission recherche (le précédent ayant quitté ses fonctions) confirme qu’on en restera au bricolage actuel.

Le panel sur les 3e cycles et les doctorats s’est quant à lui longuement étendu (au point d’entraîner l’annulation du panel sur le design !) sur les expérimentations menées dans quelques écoles parisiennes, où le statut de contractuels de la plupart des enseignants permet d’ignorer la nécessité de réformer le statut des établissements et le statut des enseignants. Ces réformes sont pourtant rendues indispensables par le LMD…, mais le ministère de la Culture s’évertue à contourner ce qu’il considère sans doute comme autant d’obstacles. La question du développement des écoles sur le plan international est quant à elle purement et simplement ignorée, ce qui finit par être comique face au retard de la représentation artistique française à l’étranger, ce dont tout le monde ne cesse de se plaindre.

En novembre 2014, un rapport de l’Inspection générale des affaires culturelles et de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche à propos des écoles d’architecture, intitulé « Une nouvelle ambition pour la recherche dans les écoles d’architecture. Propositions pour un statut d’enseignant-chercheur » a pourtant montré la voie en rappelant l’urgence de réformes dans le cadre de l’accord de Bologne (1999) et de la création de l’Espace européen de l’enseignement supérieur (2010). En voici des extraits. Nous y insérons de façon « ironique, performative et légère » les mots [écoles d’art] à la suite des mots école d’architecture, pour aider au prochain rapport du ministère de la culture !

A partir de 2002, et en 2005 pour l’architecture [les écoles d’art], les universités et les écoles françaises mettent en place les aménagements nécessaires pour que les différents cursus s’inscrivent dans le LMD. La part faite à l’initiation à la recherche dans le cadre des années de master s’affine ; l’ambition d’une formation à la recherche et par la recherche se consolide ; le couplage formation / recherche, parfois lâche, se renforce dans le but de susciter davantage d’innovations pédagogiques et de mobilité inter-établissements ainsi que les échanges de compétences et de pratiques. […]

Dans le prolongement du rapport établi par Vincent Feltesse à l’issue de plusieurs mois de concertation nationale, la mission a été conduite à constater que le statut actuel des enseignants était inadapté à la montée en puissance de la recherche et du doctorat en architecture [écoles d’art], pourtant rendue indispensable depuis la mise en œuvre, en 2005, de la réforme licence – master – doctorat (LMD). En particulier, les obligations actuelles d’enseignement, sensiblement supérieures à celles des enseignants-chercheurs de l’université (320 h versus 192 h), ne permettent pas de répondre de manière satisfaisante aux besoins des écoles en matière de recherche et les dispositifs de décharge mis en place pour faciliter l’engagement de certains enseignants dans la recherche ne sauraient constituer à long terme une réponse adaptée.

Par ailleurs, la mission relève que le statut d’établissement public administratif (EPA), déjà ancien, des établissements ne correspond plus aux exigences d’un fonctionnement modernisé. Des réponses appropriées doivent être apportées sans tarder à l’absence d’instances scientifiques statutaires dans les écoles ainsi qu’à celle d’une instance scientifique légitime au plan national.

L’ensemble de ces constats a incité la mission à considérer qu’une double exigence devait guider ses réflexions et propositions : permettre aux enseignants de s’investir davantage dans la recherche et continuer à garantir la présence d’enseignants praticiens au cœur des écoles d’architecture [écoles d’art].

Dans la deuxième partie de ce rapport, la mission propose un plan d’action ambitieux, en deux temps : engager de manière immédiate des mesures statutaires, budgétaires et d’accompagnement ; puis, à l’horizon de cinq ans, dresser un bilan des réformes engagées en vue d’achever l’harmonisation des obligations de service des enseignants sur celles de l’université. […]

La mission estime, par ailleurs, qu’il est urgent d’entreprendre la rénovation du statut des écoles nationales supérieures d’architecture [écoles d’art], afin de l’adapter aux exigences actuelles. Pour autant, elle ne juge pas nécessaire un basculement vers un statut d’établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP).

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